excommunication
excommunication, exclusion provisoire ou définitive d’une communauté religieuse. L’excommunication existait déjà dans l’Antiquité, mais elle était connue surtout chez les Hébreux où elle comportait plusieurs degrés ; le judaïsme, qui l’avait gardée en certains pays jusqu’au XVIIIe s., en a considérablement diminué la rigueur. Spinoza fut excommunié. Le droit canon catholique en énumère plusieurs sortes suivant les fautes, mais la plus grave est l'excommunication majeure, qui prive des sacrements et de la sépulture en terre bénite celui qui subit cette peine. Plusieurs souverains français ont jadis encouru ce châtiment. L’excommunication est encore en usage chez les calvinistes dans certains cas graves, comme mesure disciplinaire. Chez les hindous de haute caste, spécialement chez les brahmanes, c’est l’exclusion de la caste qui équivaut à une mort civile, exorcisme, expulsion des démons d’un corps ou d’un lieu par des paroles invocatoires accompagnées de certains signes sacrés. Il s’agit d’une pratique très ancienne exécutée en tous pays. Les cas de possession diabolique apparaissaient fréquemment jadis, et la plupart, de nos jours, relèveraient de la psychiatrie. Cependant, le christianisme, qui ne nie pas le rôle de Satan, donne aux prêtres, par un rite qui fait partie de l’ordination, le pouvoir de chasser les démons. Pratiquement, il n’y a que très rarement des occasions où l’on requiert l’«exorcisme extraordinaire», qui est alors administré par un «exorciste», après enquête et permission de l’évêque. Cet exorcisme est fait de prières, d’adjurations, d’aspersion d’eau bénite et de signes de croix. L’exorcisme ordinaire fait partie de la liturgie du baptême. Il est pratiqué aussi dans les sociétés primitives, où les «medecine men», «devil dancers» ou chamanes guérissent les maladies en chassant les démons qui en sont la cause, expiation. Dans toutes les religions, cette notion implique l’idée d’une purification après une souillure ou une transgression d’interdit, cela, soit par des sacrifices (parfois humains), soit par des rituels d’aspersion de sang ou d’eau lustrale ou des rites d’expulsion d’un être chargé de tous les péchés (bouc émissaire), soit par des condamnations qui impliquent un rachat du péché. Il s’agit d’apaiser la colère des dieux, mais la véritable expiation doit être une réparation du mal causé qui nécessite l’idée de pénitence et de repentir.