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ÉTIENNE

ÉTIENNE II († Rome, 26.IV.757). Pape (752/57). Voir PONTIFICAUX (États). ANGLETERRE ÉTIENNE DE BLOIS (* vers 1097, † oct. 1154). Roi d'Angleterre (1135/54). Petit-fils par sa mère de Guillaume le Conquérant, fils d'Étienne, comte de Blois, il usurpa à la mort de son oncle Henri Ier (1135), le trône de Mathilde, légitime héritière. Son règne ne fut qu'une longue suite de guerres civiles contre le parti angevin rallié autour de Mathilde, épouse en secondes noces de l'Angevin Geoffroy Plantagenêt. À la mort de son fils unique, Étienne obtint un compromis en reconnaissant pour héritier (1153) le fils de Mathilde, futur Henri II. HONGRIE ÉTIENNE Ier saint (* Esztergom, vers 969, † Buda, 1038). Premier roi de Hongrie (1001/38). Fils de Géza, duc des Magyars, il fut baptisé en 985 en même temps que son père, auquel il succéda en 997. Il s'employa à la christianisation de la Hongrie en appelant des missionnaires étrangers et en modelant son gouvernement sur l'exemple franc. Bien que son œuvre ait été en partie détruite par ses successeurs, Étienne Ier est le fondateur de l'État hongrois et des traditions chrétiennes de la Hongrie. Il fut canonisé en 1083 avec son fils st Émeric. Voir HONGRIE. La Hongrie médiévale. POLOGNE ÉTIENNE Ier BÁTHORY (* 1533, † Grodno, 1586). Roi de Pologne (1575/86). Voir POLOGNE. SERBIE ÉTIENNE IX DOUCHAN (* vers 1308, † Diavoli, 20.XII.1355). Roi puis empereur des Serbes (1331/55).

Étienne, saint (v. 969-1038) ; duc puis roi de Hongrie [997-1038].

E., d’abord nommé Vaïk, est le fils du duc des Hongrois, Geza, de la famille arpadienne, qui commence à structurer un pouvoir centralisé en même temps que les différentes tribus magyars se sédentarisent. Epoux d’une chrétienne, Geza laisse faire les missions (d’abord byzantino-bulgares, puis bavaroises et enfin tchèques avec Adalbert de Prague, à qui sera dédiée la première cathédrale d’E.), sans pour autant, semble-t-il, se convertir. Vaïk succède à son père en 997. La christianisation de la Hongrie, qui passe par la conversion de son chef, est déjà programmée. Comme dans la plupart des cas observés en Europe centrale et orientale aux viie-xe siècles, la christianisation est tout à la fois un élément de stabilisation du pouvoir princier, à qui elle offre de précieux outils de légitimation et d’administration, et de normalisation des rapports avec les grandes puissances (Empire occidental ou oriental) : en bref le moyen d’entrer de plain-pied dans l’histoire (écrite) et dans le concert des nations. Mais elle peut aussi susciter de virulents retours de paganisme, combats d’arrière-garde des pouvoirs coutumiers, à base clanique. Dans les cas les plus favorables, elle n’entraîne pas de satellisation : c’est le cas de la Russie, c’est aussi celui de la Hongrie, dont le prince héritier Vaïk avait, avant même son avènement, reçu le baptême, avec pour parrain Otton III (26 déc. 996) et épousé Gisèle, fille du duc de Bavière et sœur du futur empereur Henri II. En 1001 au plus tard, la Hongrie est « donnée à saint Pierre », autrement dit reliée directement à Rome ; selon un récit légendaire, c’est le pape Silvestre II qui, à la demande d’É., lui aurait adressé de Rome une couronne royale ; soudée à l’insigne autochtone, elle aurait donné naissance à la célèbre « couronne de saint Etienne », la couronne royale hongroise. Il est en tout cas certain que c’est avec l’accord de l’empereur Otton III et du pape qu’E. fonde la monarchie hongroise, un peu plus tôt donc que la Pologne de Boleslas Chrobry (couronnement d’Esztergom, août 1001). Les fondations se multiplient : monastères, archevêchés (d’abord Gran/Esztergom et Kalocsa), réseau paroissial (une paroisse par groupe de dix villages). Le roi doit affronter l’opposition de plusieurs aristocrates païens, comme les visées de l’empereur ; mais il parvient à détourner Conrad II d’une tentative de subordination (1030). C’est peut-être dans ce contexte qu’il faut relire l’alliance avec le basileus Basile II contre les Bulgares et surtout la fondation par E. d’une Eglise à Constantinople. Converti par un missionnaire de Passau, E. entend le grec. Quand elle n’est pas consacrée à la diffusion de la religion, l’œuvre législative et administrative d’E., parfait prince chrétien, porte sur l’organisation du territoire, maillé par le réseau des châteaux chefs-lieux de circonscriptions (dites megye, plus tard comitats) ; elle intègre, à côté des coutumes hongroises, de nombreux éléments législatifs occidentaux, capitulaires de Charlemagne ou Loi des Bavarois. Quand il meurt (15 août 1038), E. peut acquérir sa réputation de sainteté. Elle est reconnue quand on procède en 1083 à l’élévation de ses reliques.

 

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