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ERZBERGER Matthias

Homme politique allemand. Député au Reichstag en 1903, il appartint à l'aile gauche du Centre catholique. Durant la Première Guerre mondiale, à partir de 1916, il se fit l'avocat d'une paix sans annexion. Il obtint du Reichstag le vote de la résolution de paix du 19 juill. 1917. Chef de la délégation allemande à Rethondes, il accepta les conditions d'armistice dictées par Foch (11 nov. 1918). Ministre des finances du cabinet Bauer, il lutta contre l'influence de Brockdorff-Rantzau pour faire accepter par l'Allemagne les clauses du traité de Versailles (juin 1919). Poursuivi par la haine des nationalistes allemands, il dut démissionner en janvier 1920, puis, après l'échec d'un premier attentat, fut assassiné par deux membres des corps francs.

Erzberger, Matthias (Buttenhausen 1875 -Griesbach 1921) ; homme politique allemand.

Fils d’un catholique du Wurtemberg, à la fois tailleur et facteur, E. est instituteur pendant deux ans puis, en 1896, il prend la rédaction de la Deutsches Volksblatt, organe du parti catholique (Zentrum) à Stuttgart. Dès 1903, il est élu député de l’aile gauche du Zentrum au Reichstag, où il se fait bientôt un nom par sa prodigieuse vitalité et par les nombreux essais et articles qu’il publie dans les journaux. C’est surtout sur le plan financier qu’il se distingue (réforme des Finances de 1909 et contribution aux armements de 1913) ; il passe pour être le meilleur expert concernant les questions coloniales et budgétaires. Pendant la Première Guerre mondiale, il se voit confier diverses missions diplomatiques. D’abord favorable à une politique d’annexions, il comprend en 1917 la gravité de la situation et s’allie avec les sociaux-démocrates et le parti du progrès pour devenir un des plus ardents défenseurs d’une paix négociée. Impliqué dans la chute de Bethmann-Hollweg, il n’est pas en revanche favorable à l’abdication de l'Empereur. Après avoir été nommé secrétaire d’État sans portefeuille le 3 octobre 1918, il signe l’armistice du 11 novembre à Compiègne, comme membre de la commission d’armistice, et mène les négociations relatives à son application. Nommé vice-chancelier au cabinet de Bauer le 21 juin 1919, puis ministre des Finances, il réalise l’œuvre essentielle de sa carrière, à savoir la grande réforme financière, qui renforce considérablement la puissance financière du Reich et le dote pour la première fois d’une gestion fiscale. Cette législation fiscale, dont il espère autant une réforme sociale que la création d’un Etat unifié, aiguise en fait l’hostilité dont font déjà preuve les partis de droite. Le pamphlet de Helfferich A bas Erzberger ! (1919) marque le paroxysme des attaques dont il est l’objet et déclenche un procès en diffamation au printemps 1920. Cependant E. ne réussit pas à prouver son innocence face aux attaques de l’ancien chef de la politique financière du Reich, qui mène contre lui une âpre lutte depuis la résolution de paix du Reichstag de juillet 1917. Il est contraint de démissionner. Le 28 août 1921 il est assassiné par deux anciens officiers de marine, membres de l’Ordre germanique.




ERZBERGER, Matthias (Buttenhausen, 1875-près de Griesbach, 1921). Homme politique allemand. Leader du centre catholique au Reichstag (Parlement allemand), il fut le chef de la délégation allemande lors de la signature de l'armistice du 11 novembre 1918. Ministre dans le premier gouvernement de la République de Weimar, il fut assassiné par des ultranationalistes qui lui reprochaient d'avoir accepté le traité de Versailles.

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