Databac

épigraphie

épigraphie. L'épigraphie étudie les inscriptions aussi bien du point de vue de leur forme que de leur contenu. On appelle inscription tout texte gravé, griffonné ou imprimé sur un support durable tel que la pierre ou le métal, que ce soit sous une forme officielle ou fortuitement par un individu (dans ce dernier cas, nous avons alors affaire à un graffiti). Les monnaies n'en font pas partie puisque leurs inscriptions relèvent de la numismatique et l'on exclut habituellement de l'épigraphie les inscriptions peintes ainsi que les textes écrits à l'encre, quel que soit leur support. 1. Grecque. Les premières inscriptions grecques connues datent du milieu du viiie siècle av. J.-C. C'est à cette époque que les Grecs — après des siècles d'un apparent inalphabétisme consécutif à la disparition du linéaire B entraînée par la destruction de la civilisation mycénienne — adoptèrent l'écriture phénicienne (sémitique) et l'adaptèrent à leur propre langue en créant un alphabet simple. Ces premières inscriptions comportent simplement des noms ou de brefs commentaires personnels griffonnés sur des poteries. Dès le début du viie siècle les inscriptions prennent un tour plus formel : dédicaces aux dieux ou noms des morts sur les pierres tombales. Comme les Phéniciens, les Grecs écrivaient originellement de droite à gauche ; s'il fallait une seconde ligne pour compléter l'inscription, on l'écrivait souvent sous la première, mais en sens inverse, sur le modèle d'une épingle à cheveux. On appelait cela un boustrophêdon, «tour du bœuf », en pensant à la façon dont les bœufs se retournent quand ils changent de sillons, et c'était une aide précieuse pour les lecteurs malhabiles, leur regard pouvant ainsi suivre le texte de façon continue d'une ligne à l'autre. Il semble quelquefois ressortir des inscriptions des VIe et VIIe siècles qu'il n'était même pas nécessaire que les lignes fussent horizontales : on pouvait apparemment lire aussi aisément les mots quand ils étaient écrits verticalement. Il fallut attendre que les Grecs enregistrent des inscriptions formelles, par opposition à l'usage de mots permettant d'identifier un personnage, comme sur les vases, pour qu'ils adoptent de façon régulière l'écriture de gauche à droite. Au VIe siècle les Grecs, et notamment les Athéniens, adoptèrent un style d'inscription qui concordait avec leur attachement pour la symétrie et l'uniformité, les lettres y étant exactement alignées, que ce soit verticalement ou horizontalement (le style stoichedon, « en rang »). Ce style dura jusqu'à la fin du IVe siècle av. J.-C., mais il avait à peu près complètement disparu à la fin du IIIe. Les inscriptions grecques nous sont parvenues par dizaines de milliers et l'on y compte plusieurs centaines de poèmes en tout style qui, autrement, seraient restés inconnus. Ces inscriptions enrichissent incommensurable-ment notre connaissance de l'histoire, de la pensée et du discours des Grecs puisque, écrites de première main et dans l'authentique langue de l'époque, ce sont des enregistrements contemporains de chacun des aspects de la vie grecque — politique, social, religieux et économique — qu'ils soient importants ou triviaux. Les listes du tribut athénien, le code crétois de Gortyne et les tables chronologiques du marbre de Paros comptent parmi les inscriptions historiques grecques les plus importantes. 2. Latine. Les inscriptions latines antérieures au IIIe siècle av. J.-C. sont rares. C'est là un fait particulièrement malheureux, celles que nous possédons ayant donné la preuve tangible d'un usage linguistique antérieur à la grande majorité de la littérature latine que nous avons conservée (on a un temps pensé que la plus ancienne inscription était la marque d'un artisan sur une fibule en or de Préneste datant de la fin du viie siècle av. J.-C., mais on a trouvé depuis lors que c'était un faux). La plupart des inscriptions latines datent des débuts de l'Empire, mais cette pratique continua après la chute de Rome au Ve siècle apr. J.-C. Les inscriptions provenant des provinces de l'Empire sont d'une grande valeur historique. L'écriture latine était originellement très ressemblante à l'alphabet grec primitif utilisé par les colons grecs de Cumes (cité fondée v. 750 av. J.-C. sur la côte près de Naples), duquel fut finalement dérivé l'alphabet latin. Au Ier siècle apr. J.-C., les graveurs avaient développé la technique des belles capitales romaines, dont on peut admirer un des plus beaux spécimens sur la base de la colonne tra-jane. De même que les inscriptions grecques, les inscriptions latines sont une source inestimable d'informations sur la politique et le droit, la société, la religion, l'administration militaire et d'autres aspects de la vie romaine qui, sans cela, nous seraient restés obscurs. Les inscriptions chrétiennes jettent de la lumière sur le développement de la société chrétienne et de la pensée religieuse. Les principales inscriptions historiques latines sont : ce que l'on appelle le monument d'Ancyre, une autobiographie officielle de l'empereur Auguste, écrite en grec et en latin; l'Édit sur les prix de l'empereur Dioclétien; les textes de beaucoup de lois anciennes et senatus consulta, par exemple la plupart des senatus consulta de bacchanalibus de 186 av. J.-C.; les fastes consulaires qui dressent la liste des principaux magistrats des différentes périodes de l'histoire romaine et fournissent une base chronologique pour dater les principaux événements historiques.

Liens utiles