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Épictète

Épictète (v. 50 apr. J.-C.-v. 120 apr. J.-C.). Philosophe stoïcien né à Hiéra-polis en Phrygie, il fut l'esclave d'Épa-phrodite qui lui rendit sa liberté, ce dernier étant lui-même l'affranchi et le secrétaire de Néron. Il suivit les leçons de Musonius Rufus à Rome, puis commença d'enseigner lui-même. Lorsque l'empereur Domitien bannit les philosophes aux environs de 89, il émi gra en Épire (Grèce) et y passa le reste de sa vie. L'historien Arrien y suivit ses leçons dont il prit soigneusement note, ce qui lui permit de les publier ; il nous reste quatre livres de ces Diatri-bai (« diatribes » ou « entretiens », voir diatribe). Plus tard, Arrien publia un résumé de la philosophie d'Épictète : l'Encheiridion («manuel»). Ces œuvres influencèrent considérablement l'empereur Marc Aurèle. Si le Manuel est un exposé assez formel des idées d'Épictète, en revanche les Entretiens, qui sont un commentaire sur plusieurs écrits stoïciens, se présentent sous une forme vivante et non académique, agrémentée par des anecdotes et des conversations imaginaires, Arrien ayant reproduit le grec, koinê (« commun »), dans lequel Épictète s'exprimait. Selon lui, l'Univers est gouverné pour le mieux par la Providence et tous les hommes sont frères. Contrairement à beaucoup de stoïciens, il enseignait pour les pauvres et les humbles plus volontiers que pour les quelques personnes qui éprouvaient une attirance intellectuelle pour le stoïcisme. Il poursuivait en ce sens la tradition du prêche populaire instaurée par les cyniques au IIIe siècle av. J.-C. Seuls ceux qui connaissent la faiblesse et la misère de l'homme peuvent tirer bénéfice des philosophes. Comme les premiers stoïciens, il voulait rendre l'homme indifférent aux circonstances et aux vicissitudes de la vie. Ayant fait lui-même l'expérience de l'esclavage, il mit l'accent sur cette partie de l'homme qui échappe au contrôle d'autrui, à savoir l'esprit. Aulu-Gelle (Nuits attiques, XVII, 19) rapporte qu'il enseignait que l'homme devait prendre à cœur deux mots, anechou et apechou, « supporte » et « abstiens-toi». Il fait preuve d'une foi solide dans la capacité de la volonté humaine à surmonter les épreuves et a une attitude plus positive que Marc Aurèle à qui on le compare souvent.

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