ENVER PACHA (1881-1922)
ENVER PACHA (1881-1922)
Général et homme politique turc.
Né à Istanbul dans une famille d’origine gagaouze, diplômé de l’École militaire en 1899, Enver Pacha est chargé du maintien de l’ordre en Macédoine, où il se trouve initié dès 1906 au comité révolutionnaire Union et progrès. Projeté au premier plan de la révolution des Jeunes-Turcs (juillet 1908) qui rétablit le régime constitutionnel dans l’Empire ottoman, il combat les Italiens en Tripolitaine (actuelle Libye). Auteur d’un coup d’État qui amène le parti Union et progrès au pouvoir en 1913, il est nommé ministre de la Guerre. Il est un des auteurs du pacte secret germano-turc du 2 août 1914, qui entraîne l’Empire ottoman dans la Première Guerre mondiale comme allié de l’Allemagne, et le bras militaire du triumvirat qui dirige l’Empire pendant la guerre. Responsable de l’offensive de l’hiver 1914-1915 sur le front russe qui fait 90 000 morts dans les rangs ottomans, il se lance après la révolution russe dans la conquête du Caucase, afin d’établir la jonction avec les Turcs de l’Asie centrale. Après l’armistice de 1918, il se réfugie à Berlin, où il rencontre le bolchevik Karl Radek (1885-1939). À Moscou en été 1920, il participe au Congrès des peuples d’Orient à Bakou en octobre de la même année. Après avoir essayé de fonder à Berlin l’Union des sociétés révolutionnaires islamiques au printemps 1921, il part diriger le soulèvement anti-bolchévik des Basmatchis en Asie centrale. Il est tué dans un accrochage avec l’Armée rouge le 4 août 1922.
Enver Pacha (Istanbul 1881-Douchemba, Turkestan, 1922) ; général et homme politique turc.
E. prend avant la Première Guerre mondiale une part décisive à la réforme de l’armée ottomane. Fils d’un fonctionnaire de Constantinople, il fréquente dès l’adolescence l’école militaire de Monastir. Des talents exceptionnels, qui dépassent les strictes aptitudes militaires, permettent rapidement à E. de grimper les échelons de la hiérarchie militaire. Officier d’état-major en Macédoine en 1901, il est dès l’année suivante nommé commandant en raison de son courage. Il rejoint bientôt le mouvement des Jeunes-Turcs, qui a son siège à Salonique. Il doit d’ailleurs en 1908 entrer dans la clandestinité. Quand le sultan Abdul Hamid II rétablit la Constitution le 24 juin 1908, E. reprend du service dans l’armée. En 1909, il est muté comme attaché militaire à Berlin. Lorsque le sultan suspend à nouveau la Constitution, E. retourne à Salonique, lève une armée de 30 000 hommes pour marcher sur Constantinople et garantir le système constitutionnel. C’est alors qu’un nouveau sultan, Mehmet V, frère du précédent, s’installe sur le trône. Jusqu’à la fin de l’été 1911, E. reste à son poste à Berlin, ce qui favorise ses relations avec l’Allemagne. En 1911, il prend part aux combats en Afrique du Nord contre l’Italie, puis rentre en 1912 à Constantinople, où il est nommé chef d’état-major. La rétrocession d’Andrinople à la Turquie lors de la deuxième guerre balkanique lui est due pour une bonne part. Cela compense les lourdes pertes de l’Empire ottoman (Bosnie-Herzégovine, Bulgarie, Afrique du Nord). Son mariage le 5 mars 1914 avec la princesse Nadjieh, nièce du sultan Mehmet V, lui permet de resserrer les liens avec la dynastie régnante. Il est alors nommé brièvement en 1914 ministre de la Guerre et en tant que tel reçoit le titre de Pacha. Il entreprend sérieusement la modernisation de l’armée. Une mission militaire allemande très active se trouvant depuis le début de l’année 1914 en Turquie, E. accomplit avec son aide de nombreuses réformes. Il recommande une alliance défensive secrète entre l’Empire ottoman et l’Allemagne (2 août 1914), sur la base d’une totale égalité. E. encourage tout d’abord la venue des croiseurs allemands Goeben et Breslau à la suite du déclenchement des hostilités dans les Dardanelles, ensuite l’achat par l’Empire ottoman de ces bateaux qui conservent leurs équipages allemands, et enfin les actions offensives de ces bateaux en mer Noire, qui conduisent les Alliés à déclarer la guerre à la Turquie (2-5 oct.). Nommé généralissime adjoint le 12 novembre 1914, il atteint le sommet de sa carrière. À la suite de l’entrée en guerre de la Roumanie (1916), il se rend au quartier général de Pless pour négocier l’intervention de trois divisions turques contre la Roumanie. Après l’effondrement de l’Empire ottoman à la fin de la guerre, qui débouche sur de grandes pertes territoriales et l’occupation d’une partie du pays, E. se voit contraint de quitter la Turquie. Devant passer en cour martiale, il se réfugie provisoirement en Crimée et à Berlin, avant de partir pour Moscou dans l’espoir d’agir pour la libération des peuples d’Orient. Ainsi, il prend part au Congrès bolchevique des peuples d’Orient qui se tient à Bakou à l’automne 1920. Mais très vite, il discerne les véritables buts de Moscou et quitte la ville en octobre 1921. Il cherche alors à ébranler, à l’est de Boukhara, le commandement bolchevique au Turkestan et il réussit bientôt à lever une armée de 10 000 hommes. E. peut même adresser à la fin de mars 1922 un ultimatum à la Russie soviétique avec la sommation d’évacuer Boukhara, Khiva et le Turkestan. Mais il ne parvient pas à atteindre son but. Le 4 août 1922, il meurt au combat près de Samarcande lors d’un affrontement avec une unité soviétique.
ENVER PACHA (Istanbul, 1881-près de Baldjouan, 1922). Général et homme politique ottoman. Il fut l'un des dirigeants du mouvement réformateur et nationaliste Jeunes-Turcs et engagea l'Empire ottoman aux côtés de l'Allemagne lors de la Première Guerre mondiale. Militaire formé dans l'armée prussienne, il s'affilia au Comité union et progrès des Jeunes-Turcs. Avec d'autres libéraux (Djemal et Talaat), il contraignit en 1908 le sultan Ab-dülhamid II à restaurer la Constitution de 1876 qui avait instauré un Parlement puis l'obligea à démissionner (1909). Après avoir participé aux guerres balkaniques (1912 et 1913), il fut nommé ministre de la Guerre en 1914, et sa germanophilie conduisit à l'alliance de la Turquie avec l'Allemagne. Après la défaite, ne pouvant évincer Mustafa Kemal, il rejoignit en 1921 les insurgés musulmans du Turkestan russe et fut tué dans une bataille contre les troupes soviétiques.
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- NOUVEAU, Germain (1851-1920)Poète, il connaît toute sa vie l'alternative entre sensualité (Valentines, posthume 1922) et mysticisme (Doctrine de l'Amour, 1881) avant d'opter finalement pour la foi.
- MARTIN DU GARD, Roger (1881-1958)Ecrivain, il est l'auteur de pièces de théâtre et de romans dans la lignée romanesque du XIXe siècle : Les Thibault, série de huit volumes écrit de 1922 à 1940.