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Engelbrecht Engelbrechtsson (v. 1390-1436); capitaine du royaume de Suède.

La province de Dalécarlie (Bergsland), dont la prospérité dépend en grande partie de l'exportation du cuivre et du fer, a été particulièrement touchée par la guerre d'Eric de Poméranie contre le Holstein et la Hanse depuis 1426. E., issu d'une famille de notables d'origine allemande, appartenant à la classe supérieure des maîtres de mines, prend la tête d'une émeute qui éclate au printemps 1434 ; irrités par la rigueur du gouvernement centralisateur d'Éric, des chevaliers, des paysans se rangent aux côtés des mineurs de Dalécarlie, en un mouvement trop vite qualifié de « national » par les historiographies modernes. La propagande d'E., hostile aux impôts et aux redevances, se rapproche dex l'opposition de l'aristocratie laïque et de l'Église au pouvoir absolu d'Éric. Lorsqu'en 1435, à Arboga, E. est élu « capitaine du royaume », la plus grande partie du pays, si l'on excepte quelques places fortes, est entre ses mains. Le compromis d'Halmstadt avec Éric (automne 1435) concède au Conseil du royaume une influence importante sur la désignation des baillis et garantit ainsi la position du Conseil comme contrepoids à la royauté. L'assassinat d'E., œuvre d'un groupe de chevaliers suédois rassemblés autour de Magnus Bengtsson, prive le mouvement suédois de lutte contre les tendances centralisatrices de la royauté danoise, favorable à l'union des trois royaumes, d'un chef à la figure fascinante et vite embellie (on va jusqu'à lui prêter la création du Parlement suédois). Pour le peuple des campagnes de la Suède moyenne, E. prend bientôt les traits d'un saint, popularisé par une chronique rimée de peu postérieure à sa mort, et dont la tombe à Ôrebro est l'objet d'un pèlerinage.

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