encyclique
encyclique (du gr. egkuklos, circulaire), lettre solennelle en latin adressée par le pape aux évêques soit du monde entier, soit d’un pays donné. Elle définit en général un point de dogme, ou stigmatise un événement important, ou condamne une doctrine. Parfois, la valeur morale ou disciplinaire de l’encyclique indique les vues du pape sur une question de politique pouvant entraîner des modifications doctrinales ou sur les répercussions que les sciences ou techniques nouvelles peuvent apporter dans le comportement des chrétiens. Les encycliques sont généralement connues par leurs deux ou trois premiers mots, telles Rerum novarum en 1891 sur la condition des ouvriers, Quadragesimo anno en 1931 sur les questions sociales, Ad Pétri cathedram en 1959 sur l’unité de l’Eglise et Pacem in terris en 1963 sur la paix dans le monde.
Étymologiquement « Lettre circulaire ». Le terme désignait à l'origine les lettres pastorales des évêques. Au début du XIXe s., on le réserva aux lettres apostoliques adressées par le pape soit à l'Église, soit aux catholiques d'une nation ou d'un continent en particulier. Contrairement au dogme, l'encyclique (désignée par les premiers mots de son texte) s'inscrit toujours dans des circonstances historiques particulières, et peut être l'objet de corrections et de compléments. La première encyclique pontificale, Epistola encyclica et commonitoria ad omnes episcopos, de Benoît XIV (1740), rappelait aux évêques les devoirs de leur charge. Par la suite, les papes des XIXe et XXe siècles y eurent souvent recours, pour des objectifs divers. Sur le plan politique, les encycliques servirent à condamner certains courants : en 1832, Grégoire XVI publia Mirari vos, contre la doctrine chrétienne libérale de l'abbé Lamennais ; en 1864, Pie IX dressa dans le Syllabus la liste des « erreurs modernes » (rationalisme, naturalisme, socialisme, communisme) ; en 1937, le racisme hitlérien puis le communisme athée furent dénoncés par Pie XI dans Mit Brennender Sorge et Divini redemptoris. Les encycliques servirent aussi à éclairer la position de l'Église sur les questions sociales : Rerum novarum de Léon XIII en 1884, Mater et magistra de Jean XXIII en 1961, Sollicitudo rei socialis de Jean-Paul II en 1987. D'autres textes portent sur le fonctionnement de l'Église, comme l'enseignement (Aeterni Patris de Léon XIII en 1879, Divino afflante spiritu de Pie XII en 1943), les missions (Rerum Ecclesiae de Pie XI, 1926), les questions théologiques (Mystici corporis Christi, de Pie XII, 1934, Redemptoris Mater, par Jean-Paul II, 1987). En 1968, l'encyclique Humanae vitae de Paul VI, sur la régulation des naissances, provoqua un vaste débat et incita certains théologiens à poser la question de l'autorité des encycliques.