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EMPIRE ESPAGNOL

EMPIRE ESPAGNOL

À compter du xvie siècle, l’Espagne vit en grande partie des richesses de son empire. Elle accepte difficilement la perte de ses colonies américaines au début du xixe siècle et attache un grand prix à la sauvegarde des Philippines et surtout de Cuba, « perle des Antilles ». L’abandon de ces territoires ainsi que de Porto Rico et Guam, qui passent sous tutelle des États-Unis après la guerre hispano-américaine (1898), est ressenti comme un désastre national et provoque un véritable électrochoc dans la péninsule. Le mouvement « régénérationiste » dénonce les responsabilités des gouvernants dans l’échec subi en 1898 et demande de profondes réformes de structure. Il entend redresser l’État et moderniser la société espagnole. Le rêve colonial n’est toutefois pas totalement abandonné. C’est vers l’Afrique (ou plutôt vers le Maroc) que se tournent les ambitions militaires espagnoles. Ambitions souvent déçues, campagnes mal engagées et marquées parfois par des échecs. C’est pourtant dans les campagnes du Rif que se forment les officiers « africanistes », à commencer par Franco. Les troupes africaines (Maures et Tercio - la légion étrangère espagnole) formeront les troupes d’élite de l’armée nationaliste au cours de la Guerre civile (1936-1939). Vient cependant la décolonisation des années 1960, l’Espagne doit renoncer à ses colonies africaines. Franco a rendu son indépendance au Maroc espagnol (dans le cadre d’un Maroc réunifié) en 1956 ; la Guinée équatoriale devient indépendante en 1967. Un accord tripartite, enfin, est signé en 1975 qui aboutit à la partition du Sahara occidental entre le Maroc et la Mauritanie. L’Espagne ne conserve en Afrique que les presides Ceuta et Melilla au nord du Maroc.

EMPIRE COLONIAL ESPAGNOL. Premier empire colonial, avec celui du Portugal, né des Grandes Découvertes. L'empire colonial espagnol, mis à part les Philippines isolées dans le monde des épices et les archipels des Mariannes et des Carolines dans l'océan Pacifique, constitua, avec la découverte des Amériques, de vastes colonies de peuplement. Après la colonisation aux Antilles (Saint-Domingue, Cuba, Porto-Rico, Jamaïque), Hemân Cortès mena la conquête du Mexique (1518-1522) à partir duquel la domination espagnole s'étendit sur toute l'Amérique centrale (1522-1546), puis sur l'Amérique du Nord jusqu'à la Floride. Pizarro détruisit en Amérique l'empire des Incas et annexa le Pérou. Valdivia acheva la conquête du Chili (1541-1550). Ainsi fut créé l'empire espagnol qui, bien que fondé sur le monopole commercial, ne fut pas, comme l'empire portugais des Indes, simplement une organisation de comptoirs, mais une véritable occupation des territoires conquis. Leur administration, imposée par le Conseil des Indes, fut calquée sur le modèle de la péninsule représentée sur place par des vice-rois et des capitaines généraux. Tout le commerce, réservé aux Espagnols, fut dirigé, de Séville, par la Casa de Contractacion. L'exploitation des territoires fut fondée, par manque de main-d'oeuvre, d'abord sur le travail forcé des Indiens dans les mines et l'encomienda, puis - la population indigène ayant diminué de moitié en un siècle - sur l'importation d'esclaves noirs, inaugurant ainsi la traite des Noirs qui durera jusqu'au XIXe siècle. L'Église, de son côté, évangélisa les populations autochtones par l'organisation des missions. Par le brassage des races (mulâtres, zambo : sang-mêlé de Noirs et d'indiens) et l'introduction de la langue espagnole, une nouvelle civilisation ibéro-américaine était née, et avec elle l'Amérique latine.

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