ELSKAMP Max. Poète belge d'expression française
ELSKAMP Max. Poète belge d'expression française. Né et mort à Anvers (5 mai 1862-10 décembre 1931). C'est, sans contredit, le plus original des poètes belges de son temps. De bonne bourgeoisie catholique, et très pieux, il éprouva très jeune le goût de son folklore natal. De 1892 à 1896, il publia diverses plaquettes à faible tirage dont l'édition collective parut en 1898 sous le titre de La Louange de la vie . Ce sont : Dominical, Salutations dont d'angéliques, En symbole vers l'apostolat et les Six chansons de pauvre homme pour célébrer la Semaine de Flandre. La même année, il fit paraître Enluminures (1898). Il semble que le symbolisme ait été son élément naturel. Il évoque la rumeur des cloches, l'or des rétables et la poussière des processions sans oublier la vie des humbles. Toute son oeuvre se déroule comme une litanie où les nuages seraient des anges commis au soin d'embellir notre pauvre vie. On songe à un primitif qui fabrique ses couleurs lui-même. Mais cet art naïf est loin d'être toujours exempt de préciosité. Par là même, Elskamp semble bien le frère septentrional de Francis Jammes. Néanmoins, et en dépit de certaines gaucheries, l'ensemble garde un ton classique. Signalons que la guerre de 1914 inspira au poète deux recueils d'un sentiment tout différent : Sous les tentes de l'exode (1921) et Chansons désabusées (1922). Avant de mourir, Elskamp retrouva sa vraie veine avec Chanson de la rue Saint-Paul (1928). ? « L'âme que je perçoive la plus transparente est la vôtre et sur cette verrière, autrement que des motifs à coloration et chatoiement vains, se figure... candidement comme le chant d'enfants primitifs ou la rêverie elle-même directe, y adhérant pour seule voile et toute blancheur... » S. Mallarmé à M.E.