Édouard Ier (1239-1307) ; roi d'Angleterre [1274-1307].
Édouard Ier (1239-1307) ; roi d'Angleterre [1274-1307].
Dès le vivant de son père, le roi Henri III (t 16 nov. 1272), E., surnommé Longshankes (« Longues-Jambes »), investi de la Guyenne en 1252, de l'Irlande en 1254, participe au gouvernement et sait gagner à sa cause de nombreux barons qui s'étaient révoltés dans le sillage de Simon V de Montfort. Chevaleresque, il part en croisade rejoindre Saint Louis, mais arrive à Tunis après la mort du roi de France. Il est encore à poursuivre sa croisade lorsqu'il apprend la mort de son père. Rentré en Angleterre, il est couronné le 19 août 1274. Il met aussitôt en uvre une énergique politique de restauration de l'autorité royale, de développement de l'administration, de codification juridique. Au droit coutumier d'origine anglo-danoise, il substitue des « statuts » écrits (statute laws), pris d'accord avec le Parlement. Le droit foncier est ainsi réformé par les statuts De donis (1285) et Quia emptores (1290), établissant en particulier que l'acquéreur d'un bien en fief devient vassal du roi ou du seigneur du vendeur et non du vendeur lui-même. Le statut sur la mainmorte (1275), comme en France, soumet à l'accord royal les transferts de propriété aux établissements ecclésiastiques. L'ordonnance Circumspecte agatis (1286) limite la compétence des cours de justice ecclésiastiques ; des juges laïques sont substitués aux juges ecclésiastiques dans les tribunaux de droit commun (Courts of common law). Le roi est moins heureux avec le statut Quo warranta (ou « statut de Gloucester », 1278) qui cherche à limiter pareillement la justice des magnats laïcs. Le statut De judaismo (1275) s'attaque à l'usure ; mais la tentative royale d'intéresser les juifs du royaume au commerce et à l'artisanat échoue bientôt ; poussé par une bulle pontificale de 1286 et par le Parlement, E. se décide à les expulser du royaume en 1290. Il vivifie le commerce en accordant de larges privilèges aux marchands étrangers (Carta mercatoria, 1303). L'abondance de cette législation lui vaut le surnom de « Justinien anglais ». Il cherche aussi à réformer le Parlement. Il reprend les tentatives de son père (qui avait introduit des chevaliers des comtés dans la « Grande Assemblée du Conseil ») et les demandes de Simon de Montfort (dont le Parlement comprenait aussi des bourgeois). Aux Parlements de 1275 et 1295, E. invite donc à siéger chevaliers des comtés et bourgeois. Le dernier est par la suite appelé Model Parlia-ment et sert de référence. Les compétences de ces réunions sont élargies en 1297 au consentement à l'impôt extraordinaire (statut De tallagio). Mais le roi développe aussi une administration centrale indépendante des Parlements. Fort de cette remise en état, E. soumet en deux campagnes (1277 et 1282-1283) le pays de Galles, brisant la résistance de Llewelyn ap Gruffydd. À la mort du roi d'Écosse Alexandre III (1286), É. tente d'intégrer le royaume en mariant la petite-fille et héritière d'Alexandre, Margaret, à son propre fils, le futur Édouard IL Mais le projet échoue à la mort prématurée de Margaret (1290). John Balliol devient roi d'Écosse en 1292, au prix de la reconnaissance d'É. comme suzerain. Mais les Ecossais révoltés contre l'administration largement anglaise du royaume destituent le roi John (27 avr. 1296) et menacent E. par une alliance avec le roi de France, Philippe le Bel, qui a envahi la Guyenne anglaise en 1294. É. doit d'abord mater les Écossais et une révolte galloise (1296) avant de songer à la Guyenne. Une expédition sur le Continent échoue faute d'accord sur les impôts et sur le service des barons. Un deuxième soulèvement écossais en 1297, mené par William Wallace, fait une nouvelle fois diversion. La victoire de Falkirk (1298) libère E. qui n'a plus qu'à négocier avec le roi de France. On revient au statu quo et en 1299 E., veuf d'Éléonore, fille du roi Ferdinand III de Castille, épouse la soeur du roi de France, en même temps que son fils aîné se fiance à une fille de celui-ci, Isabelle (il l'épousera en 1308). Une nouvelle révolte écossaise, menée par Robert Bruce, surprend E., qui meurt à Carlisle avant d'avoir pu pénétrer en Écosse (7 juill. 1307). Aggravée par ces multiples campagnes, l'impécuniosité du roi hypothèque dès l'origine le règne de son fils.
ÉDOUARD Ier (Westminster, 1239-Burgh by Sands, près de Carlisle, 1307). Roi d'Angleterre (1272-1307). Fils d'Henri III, il restaura l'autorité monarchique par sa victoire sur Simon de Montfort, mettant fin à la révolte des barons Il soumit le Pays de Galles (1282-1284) et lutta longtemps contre l'Écosse sans réussir à la réduire malgré son annexion ( 1296) et la répression de la révolte de Wallace, chef écossais capturé puis exécuté. Par besoin d'argent, il composa avec le Parlement, lui reconnaissant ses prérogatives financières.
Liens utiles
- LOTHAIRE(941-2 mars 986)Roi de France (954-986)Fils et successeur de Louis IV d'Outremer (surnommé ainsi parce qu'ils'était réfugié en Angleterre sous les règnes de Robert Ier et Raoul, quiavaient déposé son père, Charles le Simple).
- Adeliza de Louvain1110-1151Descendante de Charlemagne par son père, Godefroy de Louvain, Henri Ier roi d'Angleterre,le quatrième fils de Guillaume le Conquérant, l'épousa en secondes noces, en 1120.
- John Knox1505-1572Knox, réformateur écossais, fut chassé de son pays et reçut bon accueil en Angleterre, à lacour d'Édouard VI, qui le nomma prédicateur du roi en 1551.
- Édouard II (1284-1327) Roi d'Angleterre.
- Hugues le Grandvers 897-956Abbé laïque de nombreuses abbayes, comte de Paris et duc de France, ce fils de Robert Ierépouse successivement la soeur du roi d'Angleterre et celle d'Otton Ier, roi de Germanie.