Databac

DURANTY Louis Émile Edmond

DURANTY Louis Émile Edmond. Romancier français. Né et mort à Paris (5 juin 1833-10 avril 1880). Avec son maître Champfleury, il fut la principale figure du mouvement d'où devait sortir le Naturalisme. Sa vie tout entière fut marquée par la malchance. Transplanté à la campagne peu après sa naissance, il eut une enfance délaissée. Il était fils naturel d'Émilie Lacoste, dite Du-ranty, et de L. E. Anthoine. Vers sa vingtième année (1852) il revint à Paris, s'y fit remarquer par son intelligence aiguë et sentit que sa vocation était le métier d'écrivain. Il fonda d'abord une revue intitulée Réalisme qui n'eut guère que six numéros mais fit beaucoup parler d'elle. Devenu critique d'art pour gagner sa vie, il soutint efficacement la peinture impressionniste, alors naissante, devint l'ami de Courbet, de Manet et de Degas, lequel devait laisser de lui un portrait des plus saisissants, et publia, en 1876, La Nouvelle peinture, à propos du groupe d'artistes qui expose dans les galeries Durand-Ruel. Tout en polissant son oeuvre de romancier, il décida de se faire montreur de marionnettes. En dépit de la cocasserie qu'il y dépensait, son entreprise finit par faire faillite. La plupart des pièces de son répertoire sont réunies dans le volume intitulé : Théâtre des marionnettes du Jardin des Tuileries (1862). Duranty nous a laissé trois romans de tout point remarquables : Le Malheur d'Henriette Gérard (1860) qui se déroule dans un milieu de bourgeoisie provinciale; le second, La Cause du beau Guillaume (1862) qui évoque la vie rurale; le dernier, paru dix ans plus tard, nous transporte dans le grand monde .Les Combats de Françoise du Quesnoy (1872). Duranty fut loin d'obtenir le succès qu'il méritait. En souffrit-il ? Nul ne le sait. Quoi qu'il en soit, il ose écrire, en 1857 : « Je suis de ceux que l'avenir n'effraie pas. » Il avait raison, car Zola lui accorda une place dans sa galerie des ancêtres du Naturalisme. Dédaignant toute musique, toute virtuosité, Duranty se distingue de ses contemporains par l'aptitude qu'il eut toujours de regarder les choses sans chercher en même temps à être quelqu'un. D'où sa merveilleuse liberté. C'est pourquoi la critique actuelle commence à lui rendre justice.

Liens utiles