DOUMA
Nom des assemblées représentatives réunies en Russie au début du XXe s., dans le cadre d'une libéralisation du régime tsariste. Par un manifeste impérial du 30 oct. 1905, inspiré par le comte Witte, le tsar décida d'accorder à ses sujets « les fondements immuables de la liberté civile ». La première douma se réunit au palais de Tauride le 10 mai 1906. Cette douma prétendit élaborer une nouvelle législation agraire, mais fut dissoute dès le début de juill. 1906. La deuxième douma (mars/juin 1907) fut également renvoyée. Stolypine élabora alors une nouvelle loi électorale qui diminuait de moitié le nombre des électeurs ouvriers et paysans : ainsi fut élue la troisième douma (1907/12), où la droite et les modérés étaient majoritaires. C'est sous cette douma que fut réalisée la réforme agraire de Stolypine et Krivochéine, destinée à faciliter l'accession à la propriété paysanne. Le retour du gouvernement à une politique réactionnaire, après l'assassinat de Stolypine (sept. 1911), entraîna sa dissolution. Une quatrième douma (libérale et nationale) fut réunie en 1912, et, dès le début de la guerre mondiale, elle essaya d'obtenir des réformes du gouvernement tsariste. En févr. 1917, elle prit contact avec le soviet des ouvriers et soldats et réclama l'abdication de Nicolas II ; mais elle dut s'effacer devant les soviets. Après la disparition du régime soviétique, une nouvelle douma fut instituée à partir de déc. 1993 par la Constitution que proposa le président de la Fédération de Russie, Boris Eltsine. Le nouveau Parlement, nommé Assemblée fédérale, est composé d'une chambre basse, la douma d'État, et d'une chambre haute, le Conseil de la Fédération. Comptant 449 députés, la douma est dotée des pouvoirs législatif et budgétaire mais peut être dissoute par le président.
DOUMA D'ÉTAT. Nom de l'assemblée législative de l'Empire russe (1905-1917) instituée après la révolution de 1905. Élue pour cinq ans par tous les contribuables à partir de 25 ans selon le système des classes (propriétaires, paysans, citadins), elle perdit progressivement tout pouvoir. Les deux premières doumas furent dissoutes par Nicolas II, la troisième, appelée « douma des seigneurs » ( 1907-1912), réunit, grâce à une nouvelle loi électorale favorisant l'inégalité entre les catégories sociales, une majorité gouvernementale, et la quatrième, élue en 1912, vit la victoire de l'opposition libérale dominée par le Parti constitutionnel-démocrate. Lors de la révolution de février 1917, elle réclama l'abdication du tsar et désigna un Comité provisoire qui devint le Gouvernement provisoire. Depuis 1992, la Chambre basse russe a repris le nom de Douma. Voir Révolutions russes de 1917, Stolypine (Petr).