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DJIHAD

DJIHAD. Mot arabe qui signifie guerre sainte. Au viie siècle, Mahomet prêcha la djihad pour combattre ses ennemis. Cette idée fut reprise par les califes au moment des conquêtes et elle devint une obligation pour les guerriers arabes qui propageaient l'islam hors de l'Arabie. Tout musulman qui mourait en combattant les païens ou les infidèles, gagnait le paradis.

Un djihad sans épée ni kalachnikov, ça existe ?
Oui. En Français, le djihad se traduit par « guerre sainte ». A l’origine cependant, le mot arabe a un sens sensiblement différent. Le djihadiste est d’abord celui qui lutte contre ses passions, avant d’aller occire les infidèles. Le djihad est donc une notion difficile à manier. Dedans, il correspond à un effort sur soi-même ; dehors à une expansion de la religion de Mahomet par les armes. Historiquement, le Djihad armé vise les Qoraychites polythéistes de La Mecque. Il devient ensuite le moteur -ou le prétexte - à des guerres de conquête en Inde et en Afrique. Dans la tradition islamique, le djihad est justifié dès lors qu’une menace grave pèse sur l’islam. L’appréciation laisse donc une marge de manœuvre, voire d’erreur... Les combattants d’Allah qui meurent au combat entrent directement au paradis. A ce propos, l’imam Omar Bakri déclarait, au lendemain de la mort de Ben Laden : «Ila obtenu ce qu'il recherchait depuis longtemps, désormais le “lion" est devenu un martyr de l'islam. » Autre précision importante : Mahomet a interdit de répandre le sang d’autres musulmans. Preuve que les mouvements islamistes contemporains ne sont pas toujours fidèles à la tradition...
Pour autant, selon Olivier Roy, Ben Laden représente une frange marginale de l’islam politique. « Al-Qaida qui se résume au terrorisme ne représente pas une option politique. Un peu à l'image des anarchistes qui n'ont jamais réussi à prendre le pouvoir. C'est d'ailleurs le reproche que leur faisait Lénine. » Le djihad politique suppose donc un mouvement de masse comme les Frères musulmans. Avec, à l’horizon, un renversement ou un remplacement des autorités en place.