Databac

digamma

digamma. Nom que portait la consonne grecque correspondant au son «w», dont la forme écrite ressemble à un F (d'où son nom, «double gamma»), son qui existait à l'origine dans tous les dialectes grecs pour disparaître progressivement de la majorité d'entre eux. Il commença à disparaître du dialecte attico-ionien avant 1000 av. J.-C., et des autres dialectes ultérieurement. Les textes grecs littéraires les plus anciens que nous possédions, L Iliade et L'Odyssée d'Homère, furent peut-être écrits au viiie siècle av. J.-C. mais celui dont nous disposons est fondé sur le texte établi par les savants alexandrins au iiie siècle av. J.-C. Il ne comporte donc pas d'indication écrite du digamma, mais les effets métriques indiquent que le son était présent à l'origine dans un grand nombre de mots ; l'exemple le plus évident est le hiatus (où un nom se terminant par une voyelle précède un nom commençant par une voyelle) : celui-ci est normalement rare dans la poésie grecque, mais il apparaît avec une fréquence inhabituelle chez Homère. Un érudit anglais, Richard Bentley (mort en 1742) a fait remarquer que, en rétablissant le digamma initial perdu par le second mot, le hiatus disparaissait. Le digamma fut sans doute toujours utilisé dans la langue parlée lorsque ces mots furent intégrés à l'épopée homérique, mais, comme il fut abandonné dans la langue parlée, il disparut également de l'épopée, ce qui eut certaines conséquences pour la métrique. Bien que le son ait disparu en grec, il se conserva dans les langues apparentées, par exemple l'anglais wine, le latin vinum : grec (w)oinon ; anglais work: grec (w)ergow.