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Dietrich II ; comte de Mörs (aujourd'hui Moers), archevêque et prince-électeur de Cologne [1414-1463].

Dietrich II ; comte de Mörs (aujourd'hui Moers), archevêque et prince-électeur de Cologne [1414-1463]. Le jeune archidiacre et prieur du monastère de St. Cassius à Bonn a étudié depuis 1401 à Heidelberg et à Bologne. En 1414, il est élu archevêque de Cologne par le chapitre de la cathédrale, contre Guillaume de Berg, évêque de Paderbom, et sur les recommandations de son oncle et prédécesseur, Frédéric III de Saarwerden, dont le père de D., le comte Frédéric de Mörs, a épousé la soeur, Walpurge, s'assurant du coup la succession du comté de Saarwerden. D. prend part à presque tous les conflits territoriaux qui agitent alors la Westphalie. C'est la lutte avec Clèves qui est au premier plan. D. se range la plupart du temps du côté du parti adverse, par exemple lors de la guerre privée entre Adolphe de Clèves et Dortmund et lors du conflit sur le siège épiscopal d'Utrecht. En 1424, le belliqueux archevêque gagne Kai-serswerth en prenant position dans le litige successoral entre Adolphe et Gérard de Clèves. Au cours de la guerre de Soest (Soeste Fehde, 1444-1449), qui ne prend fin que par l'entremise d'un légat pontifical, c'est D. qui est vaincu, car Jean de Clèves, reconnu par Soest comme seigneur, est soutenu par la Bourgogne. L'archevêque perd Soest et Xanten, le duc de Clèves renonce à Fredeburg et Bilstein. De même, Clèves réussit-il à défendre ses positions dans la guerre pour l'évêché de Münster (Münste-rische Stiftsfehde, 1450-1457), où D. défend à l'origine des intérêts familiaux - son frère Henri II (1450) ayant été évêque de Münster et administrateur d'Osnabrück, son frère Walram avait été désigné par une partie des électeurs pour lui succéder, après avoir déjà été candidat de l'autre parti à Utrecht. Les conflits avec Clèves empoisonnent les relations de D. avec la Curie, à tel point que le pape Eugène IV, favorable à la Bourgogne, le dépose en 1445 ; la décision reste sans effet et le pape Nicolas V [1447-1455] lui rend son archevêché. Lors de la crise conciliaire et dans la question de la réforme de l'Église, D. soutient l'attitude neutre des princes-électeurs. En 1421 et en 1431, il prend part aux campagnes contre les Hus-sites ; en 1437-1438, il participe aux projets de réforme de l'Empire et de sa justice, promus par les princes. Maintenant toujours de bonnes relations avec les souverains, il se voit confier plusieurs fois des missions dans l'Empire. Mais D. ne réussit pas à garantir pour l'avenir la puissance familiale des comtes de Mors, qui par leur position menaçaient de dominer l'Allemagne du Nord-Ouest. Son territoire ne peut remédier à un manque chronique de ressources financières, provoqué par les achats de territoires et les guerres ; cette nébuleuse, par 1' « Union des territoires héréditaires » (1463), prend des garanties vis-à-vis de son successeur à l'archevêché, Ruprecht, le frère du comte palatin Frédéric Ier le Victorieux.

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