DIEN BIEN PHU (bataille de)
DIEN BIEN PHU (bataille de)
Depuis 1952, l’objectif français en Indochine est l’amélioration de la carte de guerre en vue de la future négociation et la mise sur pied de l’armée et de l’État associé du Vietnam. Le plan dressé en mai-juin 1953 par le général Navarre, commandant en chef, vise à reprendre l’offensive au Tonkin en 1953-1954 afin, dans un premier temps, d’y affaiblir le corps de bataille de l’Armée populaire de libération (APL) et de l’empêcher de prendre à revers le CEFEO (Corps expéditionnaire français en Extrême-Orient) par la conquête du Laos, puis, dans un deuxième temps, d’élargir la zone tenue par les Français au Centre-Vietnam et, dans un troisième temps, de lancer une ultime offensive au Tonkin. Le CEFEO installe donc, en novembre 1953, un « hérisson », un camp retranché puissamment armé et ravitaillé par avion, dans la cuvette de Dien Bien Phu, point de départ des pistes vers le Laos : 15 000 hommes et 25 canons lourds. C’est compter sans la rudimentaire mais efficace logistique de l’APL qui se révèle capable d’amener à pied d’œuvre à travers la jungle deux divisions d’élite ainsi qu’une artillerie très supérieure à celle des Français, ce qui fonde la décision du chef militaire Vo Nguyen Giap et de ses conseillers chinois, en décembre, d’accepter la bataille. Celle-ci commence le 13 mars, le 15 l’aérodrome est neutralisé. Le 7 mai, le camp est submergé par les vagues d’assaut vietnamiennes, alors que s’ouvre la négociation qui aboutira aux accords de Genève : les Français décomptent 5 000 tués et 10 000 prisonniers. Éclatante quoique militairement moins décisive que celle de Cao Bang en 1950 (l’APL a, en outre, perdu au moins 25 000 hommes), la victoire vietnamienne dans la bataille de Dien Bien Phu (20 novembre 1953-7 mai 1954) aura un retentissement politique immense. Elle sera perçue comme la revanche historique des peuples colonisés sur les impérialismes européens. Autant que la conférence de Bandung un an après, le coup de tonnerre de Dien Bien Phu fut bien l’avènement du tiers monde comme acteur majeur de l’histoire mondiale. C’est en y pensant qu’Ernesto Che Guevara préconisera quelques années plus tard de créer « Un, deux, trois Vietnam… ».
DIÊN BIÊN PHU (Bataille de, 13 mars-7 mai 1954). Bataille décisive, dans le Nord Viêt-nam, entre les armées françaises et les forces du Viêt-minh (Front de libération du Viêt-nam) conduites par le général Vô Nguyen Giap. Après une longue résistance, les Français, encerclés dans une petite plaine encaissée et pilonnés par l'artillerie vietnamienne, durent cesser les combats. Cette bataille, suivie des accords de Genève (1954), marqua la fin de la guerre d'Indochine. Voir Ho Chi Minh, Mendès France (Pierre). BATAILLE DE DIÊN BIÊN PHU • 13 mars-7 mai 1954 En Indochine, la guerre a redoublé d’intensité avec une alternance de succès et de revers pour les troupes françaises. Mais, en cette fin 1953, l’opposition intérieure à ce que beaucoup considèrent comme une guerre coloniale - d’autres comme la lutte du monde libre contre le communisme - est de plus en plus vive. Malgré l’aide américaine, ce conflit est ruineux pour le pays. Sur le terrain, des milliers de parachutistes français ont occupé la cuvette de Diên Biên Phu afin de couper au Viêt Minh la route du Laos. Mais assez vite, il va s’avérer que l’on a sous-estimé les forces du général Giap. Il met le siège autour du camp retranché. La chute de Diên Biên Phu, après cinquante-sept jours de combat, va provoquer en France un choc important. Ce qui n’est qu’un épisode de la guerre a fait du côté français près de 3 000 morts, 4 500 blessés, 11 000 prisonniers (moins de la moitié seulement seront rendus aux autorités françaises en septembre 1954) ; du côté vietnamien, on recense 8 000 morts et 20 000 blessés. Cette bataille entraîne la signature des accords de Genève (20-21 juillet 1954), qui consacrent la partition en deux du Vietnam, pays duquel la France se désengage.
Situé dans le pays thaï, à 300 km à l'O. de Hanoi, Diên Biên Phu fut occupé en nov. 1953, durant la première guerre d'Indochine, par plusieurs milliers de parachutistes français. Le site, en forme de cuvette, avait été choisi parce qu'il semblait rendre impossible l'utilisation par le Viêt-minh de pièces d'artillerie, qui, pensait-on, seraient immédiatement repérées sur les pentes entourant Diên Biên Phu. Les Français estimaient d'autre part que l'isolement de Diên Biên Phu interdirait l'approvisionnement d'une armée assiégeante, alors que ce problème serait résolu pour les défenseurs par un pont aérien. Mais le Viêt-minh réussit à encercler le camp retranché avec cinq divisions (35 000 hommes) équipées d'artillerie lourde ; mobilisant quelque 75 000 coolies, le général Giap avait construit ou remis en état 300 km de routes, de Diên Biên Phu à la frontière chinoise. Le premier assaut contre le camp français fut donné le 13 mars 1954 ; aux forces du Viêt-minh, la garnison française opposait 10 800 hommes. Après une résistance héroïque, Diên Biên Phu fut submergé par des forces quatre fois supérieures en nombre (7 mai 1954). Le colonel de Castries, qui commandait les troupes françaises, fut fait prisonnier. La chute de Diên Biên Phu, qui n'était nullement un désastre du point de vue militaire, eut un effet traumatisant sur l'opinion française et précipita la fin de la première guerre d'Indochine.
Liens utiles
- DIEN BIEN PHU
- La bataille d'Austerlitz
- La bataille d'Austerlitz La bataille des Trois Empereurs
- La bataille de la Floride, une guerre de tranchées
- La défaite de l'insurrection parisienne de juin 1848 -? la première grande bataille entre prolétariat et bourgeoisie ?- devait de nouveau, pour une certaine période, refouler à l'arrière-plan les revendications sociales et politiques de la classe ouvrière européenne. Karl Marx et Friedrich Engels, Manifeste du parti communiste, traduction de Laura Lafargue, ABU, la Bibliothèque universelle