désert
désert. Le désert géographique, vaste contrée d’immense solitude dans différents continents, a toujours été recherché par les âmes éprises de silence; mais pour le christianisme, il s’agit des déserts d’Egypte et de Palestine, qui attirèrent très tôt les pieux chrétiens qui désiraient fuir le monde pour se livrer à la méditation; à l’instar du Christ et de saint Jean-Baptiste. La plupart des sages ermites vivaient dans des grottes ou des cabanes, et leur réunion en vie cénobitique est à la base du monachisme chrétien. C’est parmi eux qu’on trouve les saints commentateurs des Ecritures qu’on nomme les Pères du désert, dont les plus illustres sont saint Antoine et saint Pacôme. Les communautés d’ascètes, puis les monastères furent nombreux dans le désert jusqu’à l’arrivée des musulmans, mais certains couvents de rite grec ou copte ont persisté, gardant très vif cet amour du désert. Le Père de Foucauld retrouvera cet appel de la Spiritualité du désert. La vie cénobitique, même en Occident, ne convenait pas toujours aux moines, qui étaient cependant retirés du monde. Souvent, ils cherchaient encore plus dé solitude et nous voyons de grands saints, comme saint Bruno, saint Bernard, quitter leur couvent pour mener une vie érémitique dans des lieux solitaires qu’on nommera justement des déserts en souvenir des premiers anachorètes. Et, plus tard, plusieurs monastères, particulièrement d’augustins et de carmes, et même de bénédictins, dans leur désir de réforme, chercheront un lieu retiré où les moines pourront apprécier la beata solitudo. Après la révocation de l’édit de Nantes en 1685, de nombreux protestants des Cévennes continuèrent à célébrer leur culte, à bénir des mariages en des lieux cachés dans les montagnes; ces assemblées du Désert ont gardé, malgré toutes les difficultés, l’esprit du protestantisme en France jusqu’en 1792 (v, camisards). Près d’Anduze, au mas Soubeyran, dans le Gard, les souvenirs de cette histoire sont conservés en un musée du Désert, devenu lieu de pèlerinage protestant.