DABIT Eugène. Écrivain français
DABIT Eugène. Écrivain français. Né à Paris le 21 septembre 1898, mort à Sébastopol (Crimée, U. R. S. S.) le 23 août 1936. Issu d'une famille d'ouvriers, il fit de bonnes études primaires. Devenu, à quatorze ans, apprenti-ferronnier, puis électricien du Nord-Sud, il s'engagea en 1916, et demeura au front jusqu'à la fin de la guerre. Il se crut d'abord la vocation de peintre. Durant huit ans, il espéra en vain qu'elle pourrait lui fournir un gagne-pain. En 1926, il délaissa la peinture au profit de la littérature et publia Hôtel du Nord (1929), récit qui devait d'emblée le rendre célèbre. Dès lors il fréquenta les plus grands écrivains de son temps, et ce contact lui fut un précieux stimulant. La douzaine de livres que Dabit nous laisse suffit pour le classer parmi les meilleurs romanciers de sa génération. Citons : Petit -Louis (1930), récit de sa vie pendant la guerre, Villa Oasis ou les faux bourgeois (1931), Faubourgs de Paris (1933), Un mort tout neuf (1934), L'Ile (1934), la Zone verte (1935) et Trains de vie (1936). Cette même année, Dabit se rendit en Russie avec André Gide et d'autres écrivains français. Atteint de scarlatine, il mourut à l'hôpital de Sébastopol. On sait que le livre de Gide, Retour de l'U. R. S. S. lui est dédié. Des oeuvres posthumes de Dabit, il convient de retenir : Les Maîtres de la peinture espagnole (1937), Le Mal de vivre (1939) et son admirable Journal intime (1939). Relevant du groupe populiste, Eugène Dabit use du langage parlé avec une rare maîtrise. Sa peinture de la pauvreté garde un accent dont la justesse est inégalable. «On ne pouvait imaginer quelqu'un plus digne d'être aimé que Dabit. » André Gide. ? « Humble avec les humbles, il les a peints avec tendresse, mais sans complaisance. Sans pittoresque non plus il ne les découvrait pas du dehors, il était des leurs. Sans souci d'une attitude, sans grandiloquence, il craignait par-dessus tout un accent faux. » Marcel Arland. ? « J'aimais, j'admirais en lui un artiste qui continuait de vivre et de travailler sans effort, comme d'ailleurs sans pose. La bourgeoisie ne l'avait pas touché. » Jean Guéhenno.