CRASSUS Marcus Licinius
Homme politique et général romain. Partisan de Sylla, il constitua son immense fortune aux dépens des victimes des proscriptions ; préteur en 71, il écrasa la révolte de Spartacus. Consul avec Pompée en 70, il s'entendit avec lui pour abolir la Constitution de Sylla et pour diminuer les pouvoirs du Sénat. Il se rendit populaire par ses largesses au peuple et subventionna de nombreux hommes politiques, notamment César. Avec ce dernier et Pompée, il forma en 60 le premier triumvirat et obtint de César, consul en 59, une révision favorable du contrat des publicains en Asie. Il appuya ensuite Clodius contre Pompée, fut consul avec Pompée pour la seconde fois en 55 et, à sa sortie de charge, se fit nommer pour cinq ans gouverneur de Syrie. Avide de gloire militaire, il conduisit avec beaucoup d'imprudence une campagne contre les Parthes et, après avoir remporté quelques succès, fut écrasé à Carrhae, par Suréna. Il fut tué traîtreusement, alors qu'il négociait sa reddition.
Crassus, Marcus Licinius (v. 114-53 av. J.-C.) ; homme d’État romain.
D’une famille plébéienne illustre et riche, C. se réfugie en Espagne (87) pour échapper aux tueurs de Marius qui massacrent son père. À la mort de Cinna, il rejoint Sylla, se bat à ses côtés, guerroie contre les Samnites et s’enrichit encore lors de la proscription (81). Après sa préture, avec dix légions, il liquide la révolte de Spartacus (71) mais Pompée en retire presque toute la gloire. Pourtant, il se réconcilie avec lui pour s’entendre avec les tribuns de la plèbe afin d’être élus consuls pour l’année 70, deux candidatures totalement illégales. Durant leur consulat, ils redonnent aux tribuns de la plèbe leur droit de veto, supprimé par Sylla, rétablissent la censure, inscrivent sur la liste des citoyens 100 000 Italiens venus à Rome et favorisent le retour des chevaliers au premier plan de la vie politique en leur donnant la majorité dans les tribunaux. Malgré ou à cause de (?) son immense fortune, il devient le chef des populares, est élu censeur (65), soutient par deux fois, grâce à son argent et à son influence, les manoeuvres de Catilina (en 65 et en 64) avant de le lâcher et d’alerter Cicéron du complot (63). En 61, Clodius apparaît comme un agitateur à la solde de C. L’année suivante, bien que tous trois ne s’entendent guère, C. forme avec Pompée et César une entente secrète, dite du « premier triumvirat », destinée à se partager honneurs et pouvoirs. C. y apporte son argent et ses relations et appuie César, candidat au consulat pour 59. En 56, cet accord est renouvelé à Lucques malgré les menées de C. contre Pompée par l’intermédiaire de Clodius, tribun de la plèbe en 58. De nouveau, C. est alors consul, en 55, avec Pompée, ce qui lui permet d’obtenir un commandement exceptionnel en Syrie pour y gagner, pense-t-il, la gloire militaire qui lui manque, dans une expédition offensive contre les Parthes. Pour financer cette campagne, il pille temples et villes, confisque le trésor du Temple de Jérusalem. Après quelques succès initiaux, il franchit l’Euphrate en 53. Bien que mis en garde par le roi arménien, C. tombe au sud de Carrhes dans un piège que lui tend Surenas, le général en chef de l’Empire parthe. Son armée - sept légions - est quasi anéantie, ses enseignes perdues. Lui-même trouve la mort lors de la retraite.
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