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COUR

Ensemble des personnes qui entourent un prince ou un souverain. À l'origine, elle était composée de sa parenté et de ses familiers, des grands officiers et des dignitaires, qui tous résidaient ordinairement auprès de lui. Cette institution s'est retrouvée dans tous les empires et toutes les monarchies. L'Égypte ancienne, par exemple, a connu une cour nombreuse autour du pharaon, dont les membres étaient dits « amis du roi ». De même, la cour des rois perses achéménides ou sassanides comptait plusieurs milliers de personnes. Au sortir de la crise du monde romain au IIIe s. apr. J.-C., Dioclétien, pour restaurer la majesté impériale, organisa autour de la personne de l'empereur un fastueux cérémonial imité de la cour des Sassanides et qui dura jusqu'à la chute de Byzance. L'empereur byzantin fut en effet l'objet d'un véritable culte réglé par une étiquette minutieuse où abondaient des rites quasi liturgiques : silence absolu obligatoire, prosternement et même adoration, acclamations. Dans sa vie privée, l'empereur n'en vivait pas moins assez simplement. • Les cours de la Renaissance • La cour de Versailles Les cours de la Renaissance Les ducs de Bourgogne et les princes italiens du XVe s. recréèrent une vie de cour brillante. Son cadre fut celui de fastueux palais : ceux des Médicis à Florence, des papes à Rome, et les palais des Gonzague à Mantoue. Des fêtes éclatantes y furent données comme le « banquet du faisan » offert à Lille en 1454 par Philippe le Bon. Les souverains français, anglais, espagnols, offrirent au monde le spectacle de leur cour où étaient attirés, protégés et encouragés, artistes et écrivains et où se succédaient ballets, concerts et opéras. Les cours imposèrent le beau langage, la galanterie, le raffinement des manières tout en manifestant la puissance des rois et l'éclat de leur règne où les femmes jouèrent un grand rôle. Longtemps la cour royale n'eut pas de résidence fixe et allait de ville en ville, de château en château, suivant le roi et les gens de la « maison du roi ». L'étiquette ne pouvait y être rigide et une familiarité subsista entre le roi et les courtisans sous Henri IV et sous Louis XIII. La cour de Versailles Tout changea avec Louis XIV ; sa mère Anne d'Autriche et son épouse Marie-Thérèse firent adopter par la cour une étiquette de plus en plus rigide d'origine espagnole. Elle devint le théâtre où se déroulait la vie publique du roi, monarque absolu. Le phénomène s'accentua encore lorsque la cour s'installa à Versailles en 1682 ; elle apparut au monde dans toute la solennité de son cérémonial, ordonné autour de la personne du roi, toujours en représentation. Si elle attira flatteurs, ambitieux et intrigants, elle offrait aux nobles la possibilité d'être près de Louis XIV, le plus grand souverain de l'univers, et d'en être distingués. Avec ses fêtes, ses concerts, ses réprésentations d'opéras ou de théâtre, ses feux d'artifice, elle était le centre d'une vie mondaine, artistique et littéraire de premier plan. Avec les derniers Bourbons, la cour devint deux fois plus nombreuse que sous Louis XIV : la maison civile du roi comptait près de 4 000 personnes, sa maison militaire de 9 000 à 10 000. Son entretien annuel se montait à 50 millions de livres, le dixième du budget de l'État et, à la veille de la Révolution elle était accusée de séparer le roi de ses sujets. La cour d'Ancien Régime mourut les 5 et 6 octobre 1789 lorsque Louis XVI dut venir à Paris et vivre dans le palais des Tuileries. Devenu empereur, Napoléon voulut lui aussi avoir sa cour, divisée en « maisons » et en « services ». Ceux des courtisans qui avaient connu la « douceur de vivre » de Versailles, ne manquèrent pas de se moquer discrètement du caractère pesant de la vie de cour aux Tuileries et de la lourdeur de son étiquette.

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