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CORÉE DU SUD, Hanguk (pays Han)

État d'Asie situé au S. de la péninsule coréenne ; capitale Séoul. Issue de la zone d'occupation américaine en Corée, au S. du 38e parallèle (sept. 1945), la Corée du Sud devint indépendante le 15 août 1948, à la suite de l'élection en févr. d'une Assemblée séparée, qui fit de Syngman Rhee le premier président du pays. Il s'opposa à l'armistice de Panmunjon (v. CORÉE, guerre de) et dirigea le pays en s'appuyant sur l'armée. En avr. 1960, à la suite d'émeutes étudiantes contestant la régularité de sa réélection, entachée de nombreuses fraudes, il démissionna et fut remplacé par le président Yun Po-Sung, qui ne parvint pas à asseoir la démocratie. Renversé par un coup d'État militaire en mai 1961, le gouvernement céda la place à une junte, dirigée, à partir de juill., par le général Park Chung-hee. Il fit approuver un régime présidentiel en déc. 1962, se fit élire président en oct. 1963, et le parti démocratique républicain sur lequel il s'appuyait gagna les élections de nov. Il répéta ces deux succès en 1967, et traqua les opposants jusqu'en France et en Allemagne fédérale. Il fut de nouveau président après une modification de la Constitution, le 27 avr. 1971. Pour juguler les voix divergentes, Park Chung-hee proclama la loi martiale devant l'Assemblée et interdit les partis le 17 oct. 1972. Une nouvelle Constitution lui donna des pouvoirs dictatoriaux qu'un référendum approuva massivement. Il n'en multiplia pas moins les arrestations et les procès, se fit de nouveau élire en 1978, mais il fut assassiné le 26 oct. 1979 par le chef des services secrets. Le Premier ministre Choe Kyu-ha devint président de la République. Malgré l'abrogation de la loi d'urgence, ce dernier ne put mettre en place un régime démocratique et fut renversé par le général Chon Tu-hwan, qui imposa la loi martiale en mai 1980 à la suite d'émeutes étudiantes et populaires, sévèrement réprimées par l'armée : on compta plusieurs centaines de morts à Kwangju (S.-O. du pays). Il se fit, en août 1980, élire président par un collège électoral désigné. Une nouvelle Constitution, approuvée par référendum le 22 oct. 1980, donna au régime les apparences d'une démocratie. Chon Tu-hwan, réélu le 25 févr. 1981, s'appuya sur l'armée pour instaurer un nouvel ordre moral et rassurer les investisseurs étrangers. Le nouveau régime est parvenu à de bons résultats sur le plan économique et a lutté contre l'inflation, l'irresponsabilité civile et la corruption, mais avec des résultats inégaux ; des scandales financiers éclatèrent en juin 1982 jusque dans l'entourage de Chon Tu-hwan qui dut aussi affronter les Églises chrétiennes, porte-parole de la résistance à la répression. Ayant levé la loi martiale en janv. 1981, Chon Tu-hwan se fit élire pour sept ans. Il accepta la tenue d'élections réellement libres en févr. 1985. Celles-ci donnèrent 35 % des voix (mais plus de 55 % des sièges) à sa coalition, formée autour du parti Justice et Démocratie (DIP). Il réprima d'importantes manifestations en 1984 et 1986 (plus de 15 000 personnes étaient encore en « détention de protection » en 1988), mais céda, en 1987, face à une vague de grèves en faveur de revalorisations salariales et de la reconnaissance des syndicats. Son successeur, l'ancien militaire Roh Tae-woo fut élu en déc. 1987 sur la base d'un programme démocratique. Confirmant ce virage politique, Roh Tae-woo fit adopter en févr. 1988 une Constitution démocratique et réforma en profondeur l'administration : il limogea en 1991 son ministre de l'Intérieur à la suite d'une bavure policière lors de nouvelles manifestations. Commencée avec les jeux Olympiques de 1988, sa présidence fut marquée par une ouverture internationale sans précédent ; un traité de réconciliation avec la Corée du Nord permit notamment l'admission conjointe des deux pays à l'ONU en sept. 1990. En même temps, l'économie du pays prenait son essor : douzième puissance économique mondiale, ce « dragon » de l'économie asiatique a connu un taux de croissance annuelle proche de 10 % entre 1962 et 1990. Cinquième producteur automobile et textile, la Corée a demandé en 1995 à rejoindre l'OCDE. Ce développement qualifié de « miracle économique » a permis de compenser la grande pauvreté du pays en ressources naturelles par une excellente qualification de la main-d'œuvre. En 1990, l'opposant Kim Young-sam forma avec la majorité, le parti démocrate libéral (DLP), qui détenait les deux tiers des sièges au Parlement. Il put ainsi remporter l'élection présidentielle de déc. 1992 face à son grand rival Kim Dae-jung et face au président de Hyundai, Chung Ju-young. Fin stratège politique, Kim a changé quatre fois de Premier ministre entre 1993 et 1995, tentant de restreindre à la fois les pouvoirs de l'armée et la puissance politique des grandes sociétés. Cette politique de lutte contre la corruption a conduit à l'inculpation, en déc. 1995, des anciens présidents Roh Tae-woo et Chon Tu-hwan - condamnés, en 1996, l'un à vingt ans de prison, l'autre à la peine de mort -, ainsi que des responsables des principaux groupes industriels. L'année 1996/97 a été une période difficile pour le pays, marquée par des grèves et des manifestations très violentes : la crise sociale se solda par le retrait du président Kim Young-sam et l'élection du démocrate Kim Dae-jung en déc. 1997. 0002000005F1000014C4 5EB,Celui-ci dut affronter la crise financière qui frappait toute l'Asie du Sud-Est depuis l'été 1997. Un plan de sauvetage financier d'une ampleur exceptionnelle fut accordé à la Corée du Sud par le FMI. L'état de l'économie sud-coréenne n'en resta pas moins préoccupant, le chômage, notamment, augmentant fortement. Les menaces nord-coréennes - tentatives d'infiltrations en sept. 1996, tensions nucléaires - cessèrent momentanément, du fait des besoins de Pyong-yang en aide alimentaire, et firent place à des négociations, sous l'égide des États-Unis, en vue d'une paix permanente. L'importante mutation économique provoquée par la crise de 1997, qui avait abouti au démantèlement des grands conglomérats d'État tels Daewoo et Samsung, porta ses fruits avec un retour à la croissance dès 1999. En avr. 2000, le Grand Parti national d'opposition triompha aux législatives, inaugurant une ère de cohabitation avec le président Kim Dae-jung. Les rapports avec la Corée du Nord furent à nouveau très tendus en 1999, et une véritable bataille navale opposa les deux pays en juin. Ces rapports connurent une brusque embellie à partir de juin 2000 avec, pour la première fois, une rencontre des présidents des deux Corées. Celle-ci aboutit à un texte qui, sans être explicite sur les moyens, envisageait une réunification. Le mois d'août 2000 vit les retrouvailles de familles qui avaient été séparées depuis la guerre de Corée. Le même mois, le projet de rétablir une ligne de chemin de fer entre les deux pays fut lancé.

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