CORDOUE (califat de)
En 756, Abd er-Rahman, petit-fils du dernier calife omeyyade de Damas, et seul rescapé du massacre de sa famille ordonné par les Abbassides, réussit à gagner Al-Andalus, l'Espagne musulmane. Il se rendit maître de Cordoue, où il fonda un émirat indépendant. Il édifia un État centralisé, réduisit les résistances de la noblesse arabe au cours de guerres sans merci et se montra très tolérant à l'égard des chrétiens et des Juifs. L'émirat de Cordoue s'étendit bientôt à toute l'Espagne musulmane, mais fut troublé par de nombreuses révoltes locales. Il atteignit son apogée sous Abd er-Rahman III (912/61), qui, consomma la rupture d'Al-Andalus avec Bagdad en prenant le titre de calife (929). El-Hakam II (961/76) attira à Cordoue des savants et des lettrés venus de tout le monde islamique ; il fonda plus de vingt écoles et une bibliothèque de 400 000 volumes. Cordoue devint le centre d'une civilisation originale, marquée par la rencontre des trois cultures et des trois religions, musulmane, juive et chrétienne. Elle joua un rôle essentiel dans la transmission à l'Europe de la culture antique et dans les rapports spirituels de l'Orient et du monde chrétien : deux Cordouans, le musulman Averroès et le Juif Maïmonide, ont eu un rôle dans le développement de la philosophie européenne au Moyen Âge. La dynastie omeyyade de Cordoue commença à décliner sous Hicham II el-Mouayyad (976/1009), qui dut laisser le pouvoir à son maire du palais, Mohammed ibn-abi-Amir el-Mansour, appelé par les Occidentaux Almanzor (981/1002) ; ce dernier remporta des succès éclatants mais éphémères contre les princes chrétiens en s'emparant de Barcelone (985), de Coimbra (987) et de Saint-Jacques-de-Compostelle (997), mais il avait porté un coup fatal à la dynastie. Déchiré par des guerres civiles opposant mercenaires berbères et slavons, Arabes, indigènes convertis et chrétiens mozarabes, le califat de Cordoue sombra après le règne d'Hicham III (1027/31) et s'émietta en de multiples principautés indépendantes, les taifas.
CORDOUE. Ville d'Espagne du Sud située en Andalousie sur la rive droite du Guadalquivir. Importante cité de l'Empire romain au IIe siècle, elle fut prise par les Wisigoths (572) puis par les Arabes (711 ) et devint la capitale des Omeyyades d'Espagne. Le califat de Cordoue (929-1031) marqua l'un des sommets de la civilisation arabe dont témoigne sa célèbre mosquée (devenue une cathédrale). Construite du VIIIe au Xe siècle, elle représente l'un des plus beaux chefs-d'oeuvre de l'architecture musulmane. Longue de 179 m et large de 128 m, l'édifice est divisé en allées par 850 colonnes de marbre. Elle est richement décorée, particulièrement de mosaïques bleu et or sans doute réalisées par des artistes byzantins. Cordoue déclina à partir du XIe siècle et fut reconquise sur les musulmans par Ferdinand III en 1236. Voir Abd al-Rahman Ier, Abd al-Rahman III, Averroès, Cordoue (Califat de), Maimonide, Reconquista.
CORDOUE (Califat de). Nom donné aux califes omeyyades qui se succédèrent à Cordoue, en Espagne, de 929 à 1031. Le califat de Cordoue connut son apogée à la fin du Xe siècle rivalisant avec Bagdad, siège du califat des Abbassides. Centre artistique et culturel très important, le califat connut une brillante civilisation sous le règne d'Abd al-Rahman III. Grand mécène, il attira dans la capitale lettrés et savants du monde musulman, fonda des écoles et une importante bibliothèque. Cordoue joua ainsi un rôle capital dans la transmission à l'Occident de la culture antique. À partir du XIe siècle, le califat déclina et se divisa en petits royaumes indépendants. Cordoue fut reconquise par Ferdinand III, roi de Castille et de Leon, en 1236.
Liens utiles
- Cordoue.
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- La laïcité en Turquie : l’abolition du califat en 1924 par Mustapha Kemal.
- Juan de Valdés Leal1622-1690Peintre et graveur, né et mort à Séville ; formé à Cordoue ; il travailla pour cotte ville ainsique pour Séville, parfois aidé de son fils Lucas.
- Maimonide Moïse , 1135-1204, né à Cordoue, philosophe et médecin du Moyen Âge judéo-arabe.