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Conti, princes de ; branche collatérale de la maison de Bourbon issue de celle de Condé.

Conti, princes de ; branche collatérale de la maison de Bourbon issue de celle de Condé. Le marquisat de Conti (Picardie) était passé dans la maison de Condé par le mariage de Louis Ier de Condé et d'Eléonore de Roye. Le titre de prince de Conti est porté par le troisième fils issu de ce mariage, François de Bourbon (1558-1614), qui meurt sans descendance. Il est donné par le troisième prince de Condé, Henri II de Bourbon, à son fils cadet, Armand de Bourbon (1629-1666), qui est le fondateur de la lignée des princes de Conti. Né à Paris en octobre 1629, il est destiné d'abord à l'état ecclésiastique en raison de ses difformités physiques et de sa santé chétive. Il est pourvu très jeune de riches abbayes et élevé chez les jésuites. Partagé entre l'ambition et l'aversion qu'il a pour l'état ecclésiastique, il réclame à la reine mère un chapeau de cardinal en octobre 1648, puis, en janvier 1649 se joint à la Fronde parisienne alors que son frère Condé commande les troupes royales. Nommé général en chef des troupes parlementaires, il se réconcilie avec Condé après la paix de Rueil. Arrêté avec Condé et Longueville en janvier 1650, il est relâché en février 1651 à la suite d'un accord signé avec les frondeurs parisiens, dont l'une des clauses prévoit son mariage avec la fille de la duchesse de Chevreuse. Mais Condé fait rompre le mariage. Conti suit ensuite Condé à Bordeaux (1652). Mais il fait la paix avec Mazarin (1653) dont il épouse une nièce, Anne-Marie Martinozzi (1654). Ce mariage lui vaut dans les années suivantes un commandement en Catalogne (1654) puis en Italie (1657). Il termine ses jours sous l'influence du jansénisme et meurt à Péze-nas (dont il est gouverneur) en février 1666. Il laisse deux fils qui portent l'un après l'autre le titre de prince de Conti. L'aîné, Louis-Armand Ier, deuxième prince de Conti (1661-1685), d'abord connu sous le nom de comte de Pézenas, épouse en 1680 Mlle de Blois, fille de Louis XIV et de Louise de La Vallière. Ce premier mariage entre un prince du sang et une bâtarde du roi fait scandale. Conti se bat en Hongrie contre les Turcs et meurt sans postérité à Fontainebleau en novembre 1685, laissant son titre à son frère puîné. Celui-ci, François Louis, troisième prince de Conti (1664-1709) a été connu jusque-là comme prince de La Roche-sur-Yon. Après s'être illustré en Hongrie contre les Turcs en 1685, il encourt le mécontentement de Louis XIV qui lui refuse longtemps tout commandement alors qu'il est adoré par la jeune génération de la cour. Il s'illustre pourtant en 1688 et en 1695 sous les ordres du maréchal de Luxembourg. Louis XIV le laisse poser sa candidature au trône de Pologne après la mort de Jean Sobieski (1697). Il est élu et part pour Dan-zig, escorté par Jean Bart. Mais l'électeur de Saxe a occupé le trône et Conti doit repartir pour la France. Il meurt à Paris en février 1709, ne laissant qu'un fils et une fille, de son mariage avec sa cousine Marie-Thérèse de Bourbon-Condé. Louis-Armand II, quatrième prince de Conti (1695-1727), se bat sous les ordres du maréchal de Villars en 1714. Nommé par Louis XIV parmi les membres du Conseil de régence, il mène une vie dissipée et meurt à Paris en 1727. Son fils Louis François, cinquième prince de Conti (1717-1776), a d'abord été connu sous le nom de comte de la Marche. Il combat pendant la guerre de Succession de Pologne, puis pendant la guerre de Succession d'Autriche, notamment en Bavière (1741), en Bohême (1742), en Italie du Nord (1744) et en Flandre (1746). Un moment mêlé à la diplomatie secrète de Louis XV en raison de ses espérances polonaises, Conti est nommé grand prieur du Temple en 1749. Mais il se brouille avec Mme de Pompadour et est disgracié en 1757. Il devient alors le protecteur des Parlements et condamne les réformes de Maupeou. À l'avènement de Louis XVI, il s'oppose aux mesures de Turgot et contribue à son renvoi. Il meurt à Paris en août 1776. Son fils, Louis François Joseph, sixième prince de Conti (1734-1814), sert pendant la guerre de Sept Ans. Il participe à la révolte des privilégiés en 1788, émigre après la prise de la Bastille, mais rentre en France en 1790. Il demeure en France jusqu'au coup d'Etat du 18 Fructidor et est alors contraint à quitter son pays. Il meurt à Barcelone en mars 1814. Bibliographie : Duc A. de La Force, Le Grand Conti, 1948.

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