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Conrad IV (1228-1254) ; roi de Germanie [1250-1254].

Conrad IV (1228-1254) ; roi de Germanie [1250-1254]. Né de l'empereur Frédéric II et de sa seconde épouse Yolande de Brienne, C. est dès janvier 1237 associé à son père en Germanie, où il assure bientôt la réalité du pouvoir, luttant avec l'aide du duc de Bavière Otton contre les antirois Henri Raspe [1246-1247], puis Guillaume de Hollande. A la mort de Frédéric II, C. recueille le double héritage de Germanie et de Sicile et concentre aussitôt sur lui les attaques de la papauté. Après avoir assuré ses arrières en Germanie, il se porte en Italie du Sud, soutenu par le réseau des fidélités gibelines qui relèvent la tête. Il débarque à Siponto en juin 1252, fait une entrée triomphale à Naples (10 oct. 1253), prend Capoue et Aquino et passe en Sicile. Mais il disparaît dès le 21 mai 1254 à Lavello, alors qu'il se prépare à retourner combattre en Allemagne, où sa disparition ouvre ce que l'on appelle, par commodité, le « Grand Interrègne » (1254-1273). Le fils que C. a eu d'Élisabeth de Bavière, Conrad V dit Conradin (né en 1252), est d'abord un instrument entre les mains d'un fils illégitime de Frédéric II, Manfred, prince de Tarente, qui en arrache la tutelle au régent nommé par C., Berthold de Hohenburg. Mal assuré en Calabre et en Sicile, Manfred traite avec le pape Innocent IV (sept. 1254), dont il reconnaît la suzeraineté et qui s'installe à Naples. Maître de Lucera et du trésor royal (2 nov. 1254), Manfred se jette sur les troupes d'innocent IV, qui n'a que le temps de mourir (7 déc.). Mieux assuré sur le Continent, Manfred reprend le contrôle de la Sicile et, au détriment de Conradin, se fait couronner roi à Palerme (11 août 1258). Mais la force est ailleurs : le pape français Clément IV appelle Charles d'Anjou, frère du roi de France, et lui offre la couronne. Charles se débarrasse de Manfred, tué à la bataille de Bénévent (26 févr. 1266). Réfugié en Bavière, le jeune Conradin est sollicité par les derniers soutiens des Staufen. Acclamé empereur dans une Rome temporairement passée aux mains de ses partisans (24 juill. 1268), Conradin est rapidement écrasé par les troupes angevines à Scurcola, dans les environs de Tagliacozzo (22-23 août 1268), condamné à mort, puis exécuté à Naples le 29 octobre.

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