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Confucius (vie et oeuvre)

Enseignant itinérant, il prêcha le perfectionnement moral par la remise en pratique d'anciennes vertus et le retour à l'ordre social, qui doit venir d'en haut. Le peuple doit donc respecter l'ordre sociopolitique établi. L'influence de Confucius sur la Chine fut considérable.

VIE

L’époque à laquelle vécut Confucius fut marquée par la décadence de l’ordre social, que le philosophe chercha à défendre en fondant une éthique sociale plutôt qu’une véritable religion.

Le berger - Confucius est la latinisation du groupe de caractères chinois K'ong Fou-tseu, qui signifie: «vénéré maître K'ong». - Son père, capitaine du royaume de Lou, se maria alors qu’il avait déjà plus de 70 ans avec une très jeune femme. Ce mariage fut un échec, qui eut de graves conséquences sur l’esprit du philosophe: champion de la piété filiale, il ne conserva intact dans son souvenir que la seule image idéalisée de son père. - Il fut d’abord gardien de troupeaux. Entré dans l’administration publique, il y occupa des postes subalternes avant de se tourner vers l’enseignement à l'âge de 22 ans.

Le juge suprême - Selon la légende, Confucius eut soixante-douze disciples, sans compter plus de trois mille fidèles. - En -502, on lui confia le gouvernement de la ville de Tbhong-tou. Devenu juge suprême en -496, il rétablit l'ordre politique et fit régner une atmosphère de justice sociale. - A 67 ans, il commença sa période d'enseignement la plus féconde et commenta les cinq livres canoniques dont l'édition lui fut attribuée.

OEUVRES

Comme Socrate, Confucius n’a laissé aucun écrit, sinon l’un des six livres canoniques qui contiennent tout ce qu’il est nécessaire à un homme de connaître pour atteindre la sagesse. Les cinq autres livres, il se borna à les commenter.

Le Che-King Le Livre des vers est un recueil de chansons anciennes destinées à être chantées au cours des cérémonies célébrées à la mémoire des ancêtres royaux. C'est le plus ancien des livres canoniques et Confucius insiste sur la valeur morale des poèmes du Che.

Le Chou-King Le Livre d'histoire est une collection de documents historiques composés aux environs du Xe siècle av. J.-C., dans lesquels Confucius cherche des exemples de vertu. Il présente comme modèles à ses disciples les rois et les sages d'antan.

Le Yi-King Le Livre des mutations est à l’origine un manuel divinatoire, qui a très tôt stimulé l’imagination symbolique et la réflexion philosophique. Il consiste en 64 figures qui symbolisent l'Univers. Considéré comme l’expression d’un savoir suprême, il est le support de la métaphysique chinoise. La tradition veut que ces figures aient été révélées par les dieux aux souverains mythiques.

Le Yo-King Le Livre de musique n'a pas été commenté par Confucius qui, pourtant, affirme que la culture musicale parfait la vertu.

Le Li-Ki Le Livre des rites devait donner, selon notre penseur, des leçons de bienséance et de respect.

Le Tch'ouen ts'ieou Les Annales dès printemps et automnes sont une chronique de l’État de Lou, patrie de l’auteur. C’est la seule oeuvre qui puisse véritablement lui être attribuée. Il l’utilisait comme manuel de philosophie politique. Cet ouvrage contient l'essentiel de ce que l'on appellera plus tard le confucianisme.

EPOQUE

Un ordre social décadent Le pouvoir échappe aux dynasties traditionnelles. Les institutions féodales se dégradent. Princes et nobles sont engagés en de perpétuelles guerres et intrigues. Les fonctionnaires royaux chargés de l'enseignement se trouvent peu à peu dépouillés de leur raison d'être. Ils perdent leur charge et se dispersent à travers le pays. Certains d'entre eux se mettent à enseigner pour subvenir à leurs besoins, sous leur responsabilité personnelle.

La constitution des «écoles» En Chine, les préoccupations politiques sont sous- jacentes à toute pensée, fût- elle métaphysique ou mystique. Les principales écoles de pensée, qui se développent donc dans la dépendance de l'organisation socio-politique, sont au nombre de trois: le taoïsme des historiens officiels, l'école du Yin et du Yang des astronomes officiels et l'école des «lettrés», qui aurait pour origine le Ministère de l’Education et à laquelle appartient Confucius. Celui- ci fut l'un des premiers des maîtres itinérants, allant d’une seigneurie à une autre offrir ses services aux chefs des Etats, tout en enseignant à titre privé.

APPORTS

«Je transmets et je n’invente pas», disait Confucius. Il transmit ses idées réformatrices à des disciples, dont certains occupèrent grâce à lui des postes de haut niveau au sein de l’État, où ils mirent en pratique son enseignement.

Morale et politique. La ligne générale de sa pensée se caractérise par une philosophie de l'ordre social. Il la fonde sur un idéal historique qui, pour lui, correspond à l'époque des débuts de la dynastie des Tchéou (Xe s. av. J.-C.), quand l'empereur, les princes et le peuple avaient un grand respect moral pour l'idée de l’ordre. Le gouvernement n'a pas d’autre utilité que de maintenir chaque chose à sa place. L'exemple moral venu d'en haut doit exercer une profonde influence sur le peuple. Les sentiments développés de l'honneur et de la honte stimulent les hommes à bien se conduire.

Nature et culture. La bonté de l'homme ne peut exister que par la culture. C'est l’éducation qui rend possible la vie en société. Il n’est de morale authentique qu'efficace.

Postérité-actualité. Sous les Han (du IIe s. av. J.-C. au IIIe s. ap. J.-C.), le confucianisme devient la doctrine officielle de l'État et les philosophes confucianistes construisent une cosmologie qui se présente comme une justification de l'ordre naturel et de l'ordre sociopolitique établi. Pour cette raison, le confucianisme sera violemment critiqué en tant que politique réactionnaire, mais l'attirance qu'exerce cette pensée a bravé le temps: de nos jours, certains communistes chinois se réclament de Confucius pour leur propre tradition révolutionnaire.

CONFUCIUS (v. 551-v. 479 av. J.-C.). Nom latinisé donné à un philosophe chinois (Kongfuzi). Ses enseignements et ses idées, recueillis par ses disciples, ont influencé toute la civilisation chinoise jusqu'au XXe siècle. Fonctionnaire puis professeur de sagesse morale et politique, Confucius vécut dans une Chine déchirée par des guerres incessantes (Royaumes combattants) et rechercha les moyens de développer la sagesse des hommes. Son enseignement fut essentiellement conservateur. Respectueux des traditions, le confucianisme n'est pas une religion mais une discipline morale. Il commande aux Chinois le respect de l'autorité et des hiérarchies et le culte des ancêtres. Cette doctrine, favorable aux élites, devint la pensée officielle des empereurs chinois et des Lettrés. Elle a été, dans la Chine communiste, fortement combattue.




CONFUCIUS, en chinois K'ong tseu, philosophe chinois (v. 551 av. J.-C. -v. 479). Sa vie ne nous est connue que par les Mémoires historiques de Sseuma Ts'ien, qui aurait d'autre part réuni, dans un recueil spécial, les propos de Confucius à ses disciples. Il est à peu près certain que Confucius, à l'instar de Socrate, n'a rédigé aucune oeuvre. Son enseignement portait essentiellement sur la morale, prêchant l'effort vers le bien, la culture de la personnalité, qui seule est capable de rendre possible une société harmonieuse. L'amitié (yen) et l'équité (yi) étaient pour lui les deux vertus cardinales. Confucius s'est vu élever des temples publics à partir du Ve siècle de notre ère. Il fut le philosophe officiel de la Chine impériale : pour faire une carrière administrative, il était requis de connaître les ouvrages sur lesquels il avait fondé son enseignement (king). Le culte de Confucius a cessé d'être un culte officiel depuis la révolution de 1912, et, depuis cette date, l'enseignement de la morale de Confucius (fondée sur l'ordre, le respect des traditions) n'est plus obligatoire dans les écoles. La doctrine philosophique et morale de Confucius se nomme le confucianisme.

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