Databac

CONDÉ: Branche de la maison de Bourbon.

Branche de la maison de Bourbon.

Louis Ier, prince de Condé (* Vendôme, 7.V.1530, † Jarnac, 13.III.1569). Il adhéra au calvinisme et fut le rival des Guises. Condamné à mort comme l'un des instigateurs de la conjuration d'Amboise, il fut sauvé par la mort de François II (1560). Chef huguenot des guerres de Religion, il perdit la bataille de Dreux (1562), reprit les armes en 1567 mais fut vaincu à Jarnac (1569) ; blessé, il fut assassiné par Montesquiou, capitaine des gardes du duc d'Anjou. Louis II de Bourbon, 4e prince de Condé, dit le Grand Condé (* Paris, 8.IX.1621, † Fontainebleau, 11.XII.1686). Il porta d'abord le nom de duc d'Enghien. Ses victoires de Rocroi (19 mai 1643, il avait alors vingt-deux ans) et de Nordlingen (3 août 1645) établirent ses qualités d'homme de guerre ; celle de Lens (20 août 1648) hâta la conclusion des traités de Westphalie. Chef de la Fronde des princes (v. FRONDE), il passa du côté des Espagnols (1653), qu'il avait si brillamment combattus et avec lesquels il remporta la bataille de Valenciennes (1656) sur les Français. Louis XIV lui pardonna cependant cette trahison lors de la paix des Pyrénées (1659). En 1668, le roi lui accorda un autre commandement. Il fut de nouveau vainqueur en Franche-Comté, en Hollande (1672-1674) et en Alsace (1675) où il succéda à Turenne. Louis Henri Joseph de Bourbon, 8e prince de Condé (* Paris, 9.VIII.1736, † Paris, 3.V.1818). Il forma en 1792, avec les émigrés, l'« armée de Condé ».

Condé, princes de ; famille issue de la maison de Bourbon qui fut intimement mêlée aux luttes politiques des XVIe et XVIIe siècles. La principauté de Condé et le comté d’Enghien entrent dans la maison de Bourbon-Vendôme par le mariage de Marie de Luxembourg avec François de Bourbon, comte de Vendôme (1487). Le premier à porter le titre de prince de Condé fut son petit-fils, Louis Ier de Bourbon (1530-1569), frère cadet du roi Antoine de Navarre et du cardinal de Bourbon. Converti à la Réforme dans les dernières années du règne d’Henri II, il fait figure, à partir de 1559, de chef du parti huguenot qui l’appelle « Monsieur le Prince ». Compromis dans la conjuration d’Amboise (mars 1560), il est arrêté en présence du roi François II et condamné à mort (nov.). La mort de François II donne le pouvoir à Catherine de Médicis qui le libère et le fait absoudre. En mars 1562, Condé néglige les appels de Catherine de Médicis et laisse le triumvirat catholique s’emparer de la cour. Alors il déclenche la guerre civile, s’installe à Orléans, traite avec Élisabeth d’Angleterre. Fait prisonnier lors de la bataille de Dreux (déc. 1562), il accepte les clauses de l’édit d’Amboise (mars 1563) qui restreint la liberté du culte protestant aux seigneurs hauts justiciers. Les années suivantes, il s’occupe surtout à des intrigues d’alcôve. Mécontent parce qu’Henri d’Anjou lui refuse la charge de lieutenant général du royaume, il quitte la cour en juillet 1567 et tente de s’emparer de Meaux. Le coup de main échoue et Condé part pour la Meuse rejoindre le contingent que lui envoie l’électeur palatin. Il assiège Chartres, mais la paix de Longjumeau (mars 1568) met fin à cette seconde guerre civile. Réfugié à Noyers-sur-Serain, il échappe, en août 1568, au coup de main de Tavannes, publie un manifeste justifiant une nouvelle prise d’armes, et s’installe à La Rochelle. Il est pris et assassiné à la bataille de Jarnac (13 mars 1569). De sa première femme, Éléonore de Roye, il a trois fils, Henri, le second prince de Condé, François, marquis puis prince de Conti (1558-1614) qui meurt sans postérité, et Charles, cardinal de Vendôme puis de Bourbon (1562-1594). De sa seconde femme, Françoise d’Orléans-Longueville, il a encore un fils, Charles, comte de Soissons, dit Monsieur le Comte (1556-1612). Son fils aîné, Henri Ier, prince de Condé (1552-1588), devient après la mort de son père l’un des chefs théoriques du parti huguenot, mais tant que vit Coligny il ne joue qu’un rôle effacé. Contraint d’abjurer après la Saint-Barthélemy (1572), Condé s’échappe de la cour en 1574 et est reconnu par les huguenots comme leur chef. En 1575 il se rapproche du duc d’Alençon et fait envahir la France par une armée de reîtres venus d’Allemagne. À la paix de Beaulieu (mai 1576), il se fait reconnaître le gouvernement de Picardie, mais la Ligue catholique l’empêche d’exercer son autorité. Il tente de s’établir de force à La Fère (nov. 1579), ouvrant ainsi la septième guerre de religion, mais doit s’enfuir en Allemagne (mai 1580). Lorsque s’engage la dernière guerre de religion, Condé s’appuie sur les huguenots intransigeants et provoque de nombreuses difficultés à son cousin Henri de Navarre. Il meurt en mars 1588 à Saint-Jean-d’Angély, laissant de son second mariage avec Charlotte de La Trémoïlle un fils posthume, Henri II de Condé (sept. 1588-1646). Devenu, à l’avènement d’Henri IV, premier prince du sang, Condé est élevé dans la religion catholique. En 1609 il épouse Charlotte de Montmorency, dont Henri IV est passionnément amoureux. Pour échapper à cette menace, Condé s’enfuit de France et n’y rentre qu’après l’assassinat d’Henri IV, en juillet 1610. Il fait alors figure de chef du parti des grands seigneurs, quitte la cour en février 1614 et publie un manifeste réclamant les états généraux. La régente doit l’apaiser en signant avec lui le traité de Sainte-Menehould (15 mai 1614) qui lui donne le gouvernement d’Amboise et une importante somme d’argent. Après l’échec des états généraux de 1614. Condé quitte encore une fois Paris et publie un manifeste (août 1615) accusant le gouvernement de n’avoir pas répondu aux cahiers des états. Une fois encore il faut négocier avec lui. Par le traité de Loudun, Condé obtient la présidence du Conseil du roi (mai 16J6). Mais comme il continue à intriguer, Marie de Médicis le fait mettre à la Bastille (sept. 1616). Il en sort en octobre 1619 et dès lors se montre un fidèle serviteur de la monarchie. Il combat contre les huguenots et contre les Espagnols. Sous la régence d’Anne d’Autriche il soutient Mazarin contre la cabale des Importants. Il meurt à Paris en décembre 1646, laissant de Charlotte de Montmorency une fille, la duchesse de Longueville, et deux fils, Condé et Conti (voir à Conti). Louis II de Condé, dit le Grand Condé (1621-1686), né à Paris en 1621, porte d’abord le titre de duc d’Enghien et est appelé Monsieur le Duc. Il se distingue dès ses premières armes pendant la guerre contre les Habsbourg. En mai 1643 il bat les Espagnols à Rocroi. Envoyé dans l’Est en 1644 pour renforcer les troupes de Turenne, il bat les Bavarois de Mercy à Fribourg-en-Brisgau et, l’année suivante, les écrase à Nördlingen (août 1645). En 1646 il prend Dunkerque. Devenu prince de Condé après la mort de son père, il est envoyé en Catalogne en 1647, mais il ne peut s’emparer de Lérida. En août 1648, il bat les Espagnols à Lens. Revenu en France, il trouve le pays en proie aux troubles de la Fronde. Il contribue d’abord, en assiégeant Paris, à la paix de Rueil qui permet le retour du jeune Louis XIV dans la capitale. Mais ses exigences hautaines irritent Mazarin qui le fait arrêter avec son frère Conti et son beau-frère Longueville (janv. 1650). Cette arrestation déclenche la Seconde Fronde, et, un an plus tard, Mazarin le libère avant de quitter la France (févr. 1651). Condé rentre d’abord à Paris puis se brouille avec les frondeurs et la cour et quitte la capitale (juill.). Il s’allie avec les Espagnols (nov. 1651). Après le retour de Mazarin en France (déc.), les frondeurs de Paris se réconcilient avec Condé et l’appellent à leur secours. Condé ramène alors son armée de Bordeaux jusqu’à la Loire, est battu par Turenne à Bléneau (avr. 1652) et entre à Paris. Mais, vaincu une fois encore par Turenne au faubourg Saint-Antoine (juill. 1652), il quitte Paris en octobre et se retire en Champagne. L’année suivante il combat dans les rangs espagnols. Battu à Arras (1654), vainqueur à Valenciennes (1656), il est écrasé par Turenne à la bataille des Dunes (1658). Après le traité des Pyrénées, Condé se soumet et rentre en France. Ecarté pendant quelques années de tout commandement, il s’installe à Chantilly. Mais en 1668 Louis XIV fait de nouveau appel à lui pour la conquête de la Franche-Comté. Pendant la guerre de Hollande, il combat d’abord en Hollande, puis dans les Pays-Bas espagnols où il remporte la victoire de Senef (août 1674). Après la mort de Turenne il le remplace en Alsace (1675). Il se retire ensuite à Chantilly et meurt à Fontainebleau le 11 décembre 1686. Bossuet prononce son oraison funèbre. De son mariage avec Claire Clémence de Maillé-Brézé (nièce de Richelieu) il a eu un fils, Henri Jules, cinquième prince de Condé (1643-1709), connu d’abord comme duc d’Enghien (Monsieur le Duc). Ni lui ni le sixième prince Louis III de Condé (1688-1710), qui doit renoncer au titre de « Monsieur le Prince » pour celui de « Monsieur le Duc », ne sont des personnalités exceptionnelles. Le septième prince, Louis Henri de Condé, duc de Bourbon (1692-1740), s’enrichit considérablement dans les spéculations de Law et devient Premier ministre de Louis XV après la mort du Régent (1723). Il renvoie l’infante d’Espagne qui est fiancée à Louis XV, pour faire épouser au jeune roi Marie Leczinska, et provoque ainsi un rapprochement austro-espagnol (1725) qui est d’ailleurs éphémère. Sa gestion intérieure est impopulaire ; il est disgracié en 1726 et se retire alors à Chantilly. Son fils, Louis-Joseph de Bourbon, huitième prince de Condé (1736-1818), se distingue pendant la guerre de Sept Ans, notamment à Johannesberg. C’est lui qui reconstruit à Paris le palais Bourbon. Hostile aux idées révolutionnaires, il émigre après la prise de la Bastille. Etabli à Worms en 1791 il groupe les émigrés de la noblesse de province qui se sont exilés pour se battre pour leur roi. Il se bat contre les armées révolutionnaires de 1792 à 1796. Après le traité de Campo-Formio (1797), il passe en Russie et sert dans l’armée russe pendant la campagne de 1799. Il se retire en Angleterre en 1801. Rentré en France à la Restauration, il passe ses dernières années à Chantilly et meurt à Paris le 3 mai 1818. Son fils, Louis Henri Joseph (1756-1830), est le dernier prince de Condé. Connu jusqu’à la mort de son père sous le titre de duc de Bourbon, il a émigré avec son père en 1789. En 1795 il s’est installé en Angleterre pour préparer avec le comte d’Artois l’expédition qui aboutit au désastre de Quiberon. Puis il vit à Londres en compagnie de Sophie Dawes qui sera faite baronne de Feuchères. Il perd son fils unique, le duc d’Enghien, exécuté par Bonaparte en mars 1804. Rentré en France en 1814, il vit à Chantilly. La baronne de Feuchères le persuade de léguer ses biens au duc d’Aumale, fils de Louis-Philippe d’Orléans. Mais la révolution de juillet 1830 et l’usurpation de Louis-Philippe allaient peut-être modifier ses projets, lorsqu’il meurt dans des conditions mystérieuses, dans son château de Saint-Leu le 27 août 1830.

Bibliographie : P. Duhamel, Le Grand Condé ou l’Orgueil, 1981 ; G. Mongrédien, Le Grand Condé. L’homme et son oeuvre, 1959.

Liens utiles