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CONCINI Concino, dit le maréchal d'Ancre

Homme politique italo-français. Fils d'un secrétaire du grand-duc de Toscane, il vint en France en 1600 avec Marie de Médicis, épouse d'Henri IV, dont il obtint la protection grâce à l'appui de sa femme, Leonora Galigaï, femme de chambre et favorite de la reine. Après la mort d'Henri IV, il acheta le marquisat d'Ancre, fut nommé gouverneur de la Normandie et fait maréchal de France, sans avoir jamais servi sous les armes. En 1611, il remplaça Sully à la tête des affaires politiques et exerça, grâce à un réseau d'espions, un pouvoir tyrannique. Sa fortune si rapide et son comportement méprisant excitèrent la jalousie des grands seigneurs, et, poussé par eux, le jeune roi Louis XIII ordonna l'assassinat de l'étranger, qui fut tué par Vitry, capitaine des gardes dans la cour du Louvre. Sa femme, condamnée à mort comme sorcière, fut décapitée puis brûlée et leur fils déclaré par le parlement « ignoble et incapable de tenir aucun état dans le royaume ».

Concini, Concino, marquis d’Ancre, dit le maréchal d’Ancre (Florence v. 1575-Paris 1617) ; Florentin qui joua un grand rôle dans le gouvernement de la France pendant la régence de Marie de Médicis. On sait peu de choses sur ses débuts. Fils d’un notaire d’Arezzo, il aurait dissipé assez rapidement la fortune familiale avant d’aller vivre à Rome d’emplois divers et peu honorables. En tout cas, il réussit à s’introduire dans l’escorte qui accompagne Marie de Médicis lorsqu’elle vient en France pour y épouser Henri IV (déc. 1600). Il est remarqué par la confidente de la reine, Leonora Dori (dite Galigaï) qui l’épouse en 1601 et fait sa fortune. L’assassinat d’Henri IV (1610) et les difficultés dans lesquelles se débat Marie de Médicis, devenue régente, lui permettent de satisfaire ses ambitions et de prouver ses capacités. On a souvent tracé de lui un portrait peu flatteur, et C. a été victime de la haine qu’inspiraient aux Français les Italiens qui s’installaient en France. Richelieu, qui lui doit ses premiers pas dans la carrière politique, a mieux su distinguer, chez C., l’aventurier de l’homme d’Etat. « Etranger, homme de peu, élevé sans mérite à cette grande fortune », C., sans négliger sa propre fortune, avait comme soucis « la grandeur du roi et de l’État » et « l’abaissement des grands du royaume » (Richelieu). D’abord premier gentilhomme de la chambre, lieutenant général de Péronne et marquis d’Ancre, il reçoit le bâton de maréchal de France en 1613. Trois ans plus tard, il obtient, en échange de Péronne et d’Amiens, la citadelle de Caen et la lieutenance générale de Normandie. L’étalage de sa richesse et de son influence, s’ajoutant à sa qualité d’Italien, le rend rapidement odieux au peuple et aux grands. Mais la haine que lui portent ceux-ci est intéressée : C. a réussi à défendre contre eux l’autorité royale. Une première fois en 1614, Condé et les Princes se font menaçants et réclament les états généraux. Lors de la réunion de ces états généraux (oct. 1614), C. sait profiter de la division des trois ordres pour ne rien céder. En 1616, Condé soulève plusieurs provinces, et les anciens ministres d’Henri IV - les « Barbons » -, incapables de mener la guerre, conseillent à la reine de négocier avec les Princes. C. se débarrasse alors des « Barbons », reconstitue une nouvelle équipe ministérielle (où entre Richelieu) et fait arrêter Condé (1er sept. 1616). Les Princes soulèvent à nouveau certaines provinces, mais, cette fois, la lutte est menée énergiquement et, quand C. meurt, les rebelles sont réduits à la dernière extrémité. C. fut victime d’une intrigue de cour. Le jeune roi Louis XIII, qui ne l’aime pas, veut s’émanciper de la tutelle de Marie de Médicis. Il est encouragé par son favori, Charles d’Albert de Luynes, qui n’a ni l’intelligence ni les capacités du maréchal d’Ancre. Le 24 avril 1617, alors qu’il entre au Louvre, C. est tué par Vitry, capitaine des gardes du roi. Son corps est inhumé à Saint-Germain-l’Auxerrois. Mais le changement de gouvernement provoque une explosion populaire de joie et de vengeance. Le corps de C. est déterré et dépecé. Leonora Galigaï sera brûlée vive comme sorcière en juillet 1617.

Bibliographie : G. Delamare, Concino Concini, un aventurier maître du royaume de France, 1946 ; H. Duccini, Concini, 1991.

ASSASSINAT DE CONCINI •24 avril 1617 Grâce à la ferveur de la régente Marie de Médicis, un aventurier italien nommé Concino Concini, ^devenu maréchal d’Ancre, est l’homme le plus influent - et l’un des plus haïs - du royaume. Mais en 1617, Louis XIII, qui désire s’affranchir de la tutelle de sa mère et de son favori, trouve en la personne de Luynes un soutien à ses projets de pouvoir personnel. Bientôt, décision est prise que, le 23 avril, Vitry, capitaine des gardes du corps, arrêtera le maréchal et, s’il résiste, le tuera. Mais ce jour-là, Concini ne passe pas à l’endroit où l’attendent les conjurés. Aussi est-ce seulement le lendemain matin qu’il sera abattu à son arrivée au Louvre. Apprenant la nouvelle, Louis XIII criera à Vitry : « Grand merci à vous ! A cette heure, je suis roi. » Il exile Marie de Médicis à Blois et règne enfin.


CONCINI, Concino, dit le maréchal d'Ancre (Florence, v. 1575-Paris, 1617). Aventurier et homme politique italien au service de la France. Il fit, sous la régence de Marie de Médicis, une carrière rapide, exerçant le pouvoir avec tyrannie. D'origine florentine, ancien secrétaire du grand-duc de Toscane, il vint en France avec Marie de Médicis, épouse d'Henri IV, dont il devint le protégé grâce à sa femme, Leonora Galigaï, femme de chambre puis favorite de la reine. Ambitieux et intrigant, il acheta, après la mort d'Henri IV, le marquisat d'Ancre, fut nommé conseiller d'État par la régente ( 1610) puis devint, en 1613, maréchal de France. À la tête des affaires politiques, il exerça un pouvoir tyrannique. C'est à l'instigation de son favori, Charles de Luynes, que Louis XIII fit assassiner Concini. Sa femme, accusée de sorcellerie, fut condamnée à mort, décapitée puis brûlée.

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