COMORES (îles)
Archipel de l'océan Indien, dans la partie nord du canal de Mozambique, entre Madagascar et la Tanzanie ; il se compose de quatre îles : la Grande Comore - avec la capitale, Moroni -, Anjouan, Mohéli et Mayotte. Peuplées par des Arabes et des Malais, les îles Comores, qui formaient dès le XIe s. un sultanat musulman, furent visitées au XVIe s. par les Européens, notamment par l'Anglais James Lancaster en 1591. En 1843, la France occupa Mayotte, qui devait servir de base à la conquête de Madagascar ; les autres îles furent annexées entre 1886 et 1898. Rattachées administrativement à Madagascar en 1912, les Comores devinrent un territoire français d'outre-mer en 1947 et demandèrent à conserver ce statut lors du référendum de 1958. L'archipel obtint en 1961 une complète autonomie interne. Les partisans de l'indépendance obtinrent la majorité - sauf à Mayotte - aux élections de 1972, et le référendum du 22 déc. 1974 donna plus de 95 % de oui en faveur de l'indépendance - sauf à Mayotte, dont les habitants désiraient rester français. Le 6 juill. 1975, la Chambre des députés des Comores proclama unilatéralement l'indépendance. L'île de Mayotte (v.) se séparait du reste de l'archipel. Le président Ali Soilih fit condamner la France à l'ONU sur la question de Mayotte (oct. 1976). Il instaura un régime marxiste-léniniste « à la chinoise », mais ses réformes désordonnées n'aboutirent qu'à aggraver le chômage et à entraîner la pénurie, tandis que la garde présidentielle se livrait à des excès. Les partisans de la coopération avec la France, avec l'aide de quelques mercenaires, donnèrent le pouvoir à Ahmed Abdallah, qui devint le premier président de la République fédérale islamique fondée par la Constitution du 1er oct. 1978. En nov. 1989, Ahmed Abdallah fut assassiné par un membre de sa garde présidentielle, dirigée par le mercenaire français Bob Denard. Après le départ des mercenaires, organisé par la France et l'Afrique du Sud, Abdallah fut remplacé par Mohamed Djohar. Le début des années 1990 fut marqué par une forte instabilité politique et la contestation du nouveau président, notamment lors des élections législatives de déc. 1993, dont le second tour fut boycotté par l'opposition. À la tête d'un petit groupe de mercenaires, Bob Denard renversa le président Djohar en oct. 1995, puis se rendit au petit corps expéditionnaire envoyé par la France. Djohar, remplacé par son Premier ministre, fut retenu à la Réunion, officiellement pour raisons de santé. En mars 1996, Mohamed Taki accédait à la présidence de la République. En août 1997, l'île d'Anjouan, bientôt suivie par celle de Mohéli, fit sécession et demanda son rattachement à la France. Confronté à ces revendications, le gouvernement comorien fit appel à la médiation de l'OUA et proposa de réformer profondément les structures politiques du pays. Le colonel Assoumani Azali, porté au pouvoir par un coup d'État (avr. 1999) ne fut pas reconnu par la communauté internationale. Il obtint pourtant des sécessionnistes d'Anjouan, en août 2000, la signature d'un accord de paix, préalable à l'ouverture de négociations sur l'avenir de l'archipel.