COMMUNALISME
COMMUNALISME
Terme apparu durant les années 1920 pour désigner en Inde le chauvinisme des communautés religieuses hindoue, musulmane, sikhe et même chrétienne. Il a surtout été utilisé par les leaders du Congrès, tenants d’un nationalisme universaliste et laïc qui, comme Jawaharlal Nehru et d’autres représentants de l’intelligentsia de gauche, voyaient dans les communautés religieuses des corps intermédiaires propres à diviser la nation.
Les communalismes se sont généralement développés sur la base de mouvements de réformes socioreligieuses, nés en réaction à des menaces extérieures. C’est ainsi que le prosélytisme des premières missions chrétiennes a suscité, au xixe siècle, la formation du Brahmo Samaj et de l’Arya Samaj, deux mouvements de défense de l’hindouisme qui ont donné à cette religion un tour plus militant. De même, les Sikhs ont créé la Singh Sabha au Pendjab en réaction à la propagande de l’Arya Samaj, selon laquelle le sikhisme n’était qu’un courant de l’hindouisme. Quant aux musulmans, leur communalisme s’est d’abord incarné à la fin du xixe siècle dans le mouvement d’Aligarh, du nom d’une ville d’Uttar Pradesh où Sayyid Ahmad Khan instaura des établissements éducatifs visant à moderniser sa communauté, mais aussi à la défendre contre la majorité hindoue dont il craignait la domination dans l’administration et les assemblées élues.
Ces mouvements socioreligieux passeront au politique au début du siècle, donnant naissance à différentes organisations nationalistes : la Hindu Mahasabha et le Rashtriya Swayamsevak Sangh (hindoues), l’Akali Dal (sikhe), et à la Ligue musulmane, de toutes la plus précoce puisqu’elle est née en 1906.