COMMENDE
Dépôt d'un bien ecclésiastique (abbaye, prieuré, etc.) à un clerc ou à un séculier, qui percevait les revenus de ce bénéfice mais confiait le pouvoir spirituel à un délégué. À l'origine, la procédure de la commende servait, pour une période transitoire, à régler les problèmes que soulevait la gestion d'un bien d'Église. Mais elle s'institutionnalisa, surtout dans la gestion des biens monastiques. L'Église, comme les souverains, se servirent de la commende pour rémunérer diverses personnalités. Le concile de Trente lui-même n'osa pas la supprimer, bien qu'elle fût la principale cause de la décadence de la vie monastique : elle enrichissait des intrus (souvent des séculiers) au détriment des abbayes et livraient celles-ci à des abbés commendataires qui favorisaient l'introduction de l'esprit mondain dans les cloîtres. Dans la France de 1789, sur 1 150 abbayes d'hommes, il y en avait 850 en commende.