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COCHIN Augustin Denys Marie

COCHIN Augustin Denys Marie. Né le 22 décembre 1876, tué à l'ennemi à Hardécourt (Somme) le 8 juillet 1916. Cet historien, fils du savant et homme politique Denys Cochin, petit-fils du catholique liberal Augustin Cochin, ami de Montalembert, avait grandi dans une atmosphère intellectuelle et même érudite. Entré premier et sorti premier de l'Ecole des Chartes (1902), il commence une thèse sur les protestants du Midi pendant la Fronde. Mais la découverte, au cours de recherches d'archives, de l'influence maçonnique au XVIIIe siècle décide de sa vocation : à vingt-trois ans, il commence ses recherches sur l'histoire révolutionnaire, accumulant des preuves, effectuant pendant des années un travail acharné de fiches et de comparaisons. Véritable bénédictin laïque, Cochin n'eut pas d'autre histoire que celle de ses travaux. Lorsqu'il tomba en 1916, dans les combats de la Somme, il était à peu près inconnu, ayant toujours refusé de rien produire de son oeuvre avant qu'elle fût complète. La publication posthume commença en 1920; en 1924, paraissait l'ouvrage théorique essentiel : La Révolution et la Libre Pensée. Cochin a voulu établir la synthèse des doctrines qui ont préparé et inspiré la Révolution. Sa thèse originale est que la Révolution ne fut ni spontanée ni unanime, mais fut au contraire une oeuvre artificielle, organisée depuis Père des philosophes jusqu'à la Terreur par des « sociétés de pensée », coteries de lettrés et de gentilshommes d'abord, puis par les loges maçonniques et, enfin, les clubs politiques, qui firent pression sur le reste du pays et prétendirent agir au nom de la France. La portée de l'oeuvre de Cochin dépasse ainsi le plan strictement historique, et atteint à la science politique : on peut dire qu'elle dégage le caractère fondamental et les conditions nécessaires de fonctionnement de tout régime de démocratie absolue.

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