CLEVELAND (Stephen) Grover
Homme politique américain. Avocat, maire de Buffalo (1881/82), gouverneur de l'État de New York (1883/85), il mena une lutte énergique contre la corruption dans l'administration et fut élu président des États-Unis avec le soutien des démocrates (1885/89). À la Maison-Blanche, il poursuivit sa politique réformiste et indépendante ; son action pour l'abaissement des tarifs douaniers et la protection qu'il accorda à des fonctionnaires républicains lui firent perdre un grand nombre de ses partisans, et il fut battu par Harrison en 1889. Redevenu président (1893/97), il s'opposa aux démocrates radicaux, particulièrement sur les problèmes monétaires ; au printemps 1894, il engagea les troupes fédérales pour briser la grande grève des employés des chemins de fer à Pullman (Chicago). Il refusa de se représenter en 1897 et devint en 1899 professeur de science politique à l'université de Princeton.
Cleveland, Grover (Caldwell 1837-Princeton 1908) ; président des États-Unis [1885-1889] et [1893-1897].
C'est le premier président démocrate après un quart de siècle de domination républicaine et le seul chef d’État important entre les présidences de Lincoln et de Théodore Roosevelt. Une série de hasards, sa réputation d’intégrité et son intransigeance à l’égard de toute forme de corruption favorisent l’ascension rapide, dans une époque de vénalité et de scandales politiques, de cet avocat méconnu qui est élu, en 1881, maire de Buffalo et aussitôt gouverneur de New York et, quatre ans après ses débuts dans la carrière politique, président des États-Unis, avec le soutien des républicains libéraux. Le plus grand mérite de C. réside dans son refus de subordonner des buts politiques aux intérêts de son parti ou à des considérations électoralistes. Il accélère d’une façon décisive la réforme du système administratif en augmentant nettement le nombre des emplois dont les titulaires sont choisis en fonction de leurs aptitudes et de leur formation, et non plus pour les récompenser des services offerts au parti victorieux. À la fin de sa première présidence, il tente en vain d'abaisser les tarifs douaniers, quoique dans l’ensemble sa politique économique et financière apparaisse rigoureusement conservatrice : le gouvernement fédéral ne doit fournir aucun avantage matériel à aucun groupe - pas même aux défavorisés - et il doit s’immiscer le moins possible dans la vie économique. La première loi de 1887 sur la réglementation du trafic entre les États est ratifiée sans qu’il intervienne. Lors des luttes sociales qui agitent l’époque, C. se tient le plus souvent du côté des industriels et des financiers : il brise la grève des ouvriers de Pullman en 1894 en envoyant l’armée et il s’oppose fermement à l’attribution aux fermiers nécessiteux de subventions en « argent pas cher », en refusant de prendre des mesures inflationnistes. Comme ses prédécesseurs républicains, il finit par prendre conscience que l'État a aussi des responsabilités sociales, et se refuse à privilégier davantage la classe dominante par des mesures étatiques, ce qui constitue un léger progrès dans la régulation du capitalisme « sauvage », deux décennies après la fin de la guerre de Sécession.
CLEVELAND, Stephen Grover
(Caldwell, New Jersey, 1837-Princeton, 1908). Homme politique américain. Avocat, gouverneur de l'État de New York (1882), il fut président démocrate des États-Unis de 1885 à 1889 et de 1893 à 1897. Il tenta sans succès une politique de libre-échange à laquelle s'opposèrent les industriels et s'aliéna les démocrates en faisant réprimer la grève des cheminots de Chicago ( 1894). Le républicain Mckinley lui succéda.