Databac

Cinq-Mars, Henri Coiffier-Ruzé, marquis de (1620-Lyon 1642); dernier favori de Louis XIII et adversaire de Richelieu.

Cinq-Mars, Henri Coiffier-Ruzé, marquis de (1620-Lyon 1642); dernier favori de Louis XIII et adversaire de Richelieu. Second fils d'un ancien surintendant des Finances devenu le maréchal d'Effiat, né le 27 mars 1620, il a à peine dix-huit ans lorsque Richelieu le place auprès du roi afin de contrecarrer l'influence que Mlle de Hau-tefort exerce sur Louis XIII. Le 27 mars 1638, C. obtient la charge de grand maître de la garde-robe, puis il est nommé grand écuyer de France tandis que Mlle de Haute-fort est contrainte de quitter la cour (8 nov.). Entre le roi et M. le Grand s'établissent des rapports affectifs difficiles, ponctués de querelles et de réconciliations passionnées. Richelieu prétend intervenir dans ces relations, considérant C. comme un « client » qui lui doit tout et ne peut rien lui refuser. Impatient et humilié de n'être qu'un instru- ment entre les mains du cardinal, C. se persuade qu'il peut jouer un rôle politique. Non seulement Richelieu ne le permet pas, mais il fait tout ce qu'il peut pour nuire à son ambitieux protégé. Ce dernier ne songe plus qu'à se venger ; tout en conservant les faveurs royales, il complote avec le comte de Soissons, réfugié à Sedan, puis avec le duc de Bouillon, et enfin avec Gaston d'Orléans pour renverser Richelieu. Ils résolvent de s'assurer l'aide de l'Espagne. Fontrailles est envoyé au comte-duc Oliva-rès pour en rapporter le traité signé par Philippe IV le 13 mars 1642, traité qui stipule le rétablissement de la paix entre les deux couronnes et la restitution de toutes les conquêtes. Ce n'est rien moins qu'un renversement fondamental de toute la politique menée par la France depuis plus de douze ans, la revanche des vaincus de la journée des Dupes. Une petite intrigue de cour se greffe ainsi sur la plus grave question de la politique française. C'est à Arles, le 11 juin, que Richelieu, malade et inquiet, a en mains les preuves du complot. Il fait prévenir le roi, alors à Narbonne. C. est arrêté le 13 juin ; les avertissements ne lui ont pourtant pas manqué. Mais il se fie à l'affection de Louis XIII, et à l'engagement de Bouillon et de Gaston d'Orléans. C'était oublier qu'un prince souverain de Sedan et un fils de France ne courent pas les mêmes risques qu'un gentilhomme ambitieux. Avec son ami François de Thou, dont les responsabilités ont pourtant été minimes, le jeune C. est décapité à Lyon le 12 septembre 1642. Bibliographie : P. Erlanger, Cinq-Mars ou la Passion et la Fatalité, 1962 ; J.M. Constant, Les Conjurateurs. Le premier libéralisme politique sous Richelieu, 1987.

Liens utiles