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Ciano, Galeazzo, comte de Cortellazzo

Ciano, Galeazzo, comte de Cortellazzo (Livourne 1903-Vérone 1944); gendre et ministre des Affaires étrangères de Mussolini. C. est le fils d'un célèbre camarade de combat de Mussolini, l'amiral Costanzo Ciano de Livourne, anobli pendant la Première Guerre mondiale. Il rejoint très tôt le mouvement fasciste et épouse en 1930 la fille de Mussolini, Edda. Consul général en 1930, chef de la commission de la Société des Nations à Shanghai en 1931, Mussolini le désigne en 1933 comme chef de son service de presse et en 1935 comme ministre de la Propagande. Il se révèle un habile propagateur de l'idée impériale pendant la campagne d'Abyssinie, au cours de laquelle il se distingue également comme aviateur. C. n'a pas encore 33 ans lorsqu'il devient, le 9 juin 1936, ministre des Affaires étrangères, et donc, juste après Mussolini, la plus importante personnalité de l'Italie fasciste. Aussi bien parmi les fascistes de l'ancienne génération qu'au sein des diplomates de carrière du Palazzo Chigi, nombreux sont ceux qui le jalousent et qui cherchent systématiquement à limiter l'influence du nouveau venu, jeune, chanceux, intelligent et adroit. Durant les premières années suivant son entrée en fonction, C. se laisse guider par sa foi dans le « génie » de Mussolini, dont il exécute docilement les instructions. Il consacre toute son attention à l'amélioration des relations germano-italiennes, à la consolidation de l'axe Rome-Berlin. Mais à partir de la conférence de Munich (1938), il prend ses distances à l'égard du dangereux soutien apporté par Mussolini à Hitler. Durant la crise de l'automne 1942, il critique ouvertement la politique belliciste menée par son beau-père ; c'est pourquoi il est révoqué en février 1943 et nommé ambassadeur près le Saint-Siège. Il se rapproche de plus en plus des conceptions de son prédécesseur au ministère des Affaires étrangères et rival de longue date, Dino Grandi ; comme lui, il approuve lors de la séance du Grand Conseil fasciste du 24 juillet 1943 la motion de défiance et la destitution de Mussolini. Après ce vote, C. se réfugie en Allemagne. Mais, après la libération du Duce, les nazis le livrent au tribunal fasciste de Vérone qui le condamne à mort ; il est fusillé le 11 janvier 1944.

Bibliographie : G. Ciano, Journal politique, Neuchâtel, 1946, 2 vol. ; Les Archives secrètes du comte Ciano, 1936-1942, 1948.

CIANO, Galeazzo, comte de Cortellazzo (Livourne, 1903-Vérone, 1944). Homme politique italien. Gendre de Mussolini, il fut l'un des chefs du fascisme, puis s'opposa à partir de 1943 à son beau-père qui le fit fusiller. Fasciste de la première heure, il fit des études de droit, épousa Edda ( 1930), la fille de Mussolini, et entama une carrière politique rapide. Nommé ministre des Affaires étrangères à 33 ans (1936), il s'appliqua au rapprochement de l'Italie avec l'Allemagne de Hitler et fut l'initiateur de l'axe Rome-Berlin qui devint en 1939 le pacte d'acier. Cependant, inquiet des ambitions allemandes, il s'opposa en vain à l'entrée en guerre de l'Italie aux côtés de Hitler. Souhaitant la paix avec les Alliés, il vota, lors de la réunion du Grand Conseil du fascisme (25 juillet 1943) l'ordre du jour de défiance à l'égard de Mussolini. Enfui en Allemagne, il fut livré par Ribbentrop aux fascistes d'Italie du Nord. Jugé et condamné à mort, il fut fusillé le 11 janvier 1944. Le Journal manuscrit tenu par Ciano du 1er janvier 1939 au 8 février 1943 et sauvé par sa femme fut pour la première fois publié en 1945.

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