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CHIABRERA Gabriello

CHIABRERA Gabriello. Poète italien. Né probablement le 8 juin 1552 à Savone (prov. de Gênes), où il mourut en 1638. Il fit ses études à Rome chez les jésuites, puis entra au service du cardinal Cornaro, mais sa franchise, ennemie de toute courtisanerie servile, l'obligea à quitter Rome, puis l'Italie. Revenu dans son pays et assagi par l'âge, il se maria à cinquante ans et entretint de bons rapports avec de hauts personnages en veine de mécénat, tout en conservant une indépendance pleine de dignité. Gabriello Chiabrera écrivit deux poèmes à l'adresse de ses bienfaiteurs : Amedeide et Florence; la froideur de leur ton confirme la nature libre du poète, surtout si on les compare avec la meilleure partie de son oeuvre, d'inspiration purement lyrique (Rimes). Selon la coutume de l'époque, les arguments de ses Rimes varient du thème sacré à l'exhortation héroïque, de l'amour à la moralité, et pourtant son inspiration est une. A chaque page se retrouve la préoccupation de concilier une culture classiciste avec l'élégance du style et une recherche de la musicalité. Outre les oeuvres déjà citées, Chiabrera laissa un recueil de Petits poèmes profanes et sacrés, un autre de Contes sylvestres, un poème en quinze chants : Des Guerres des Goths ou L'Italie libérée, appelée aussi La Gotéide; Roger, poème héroïque en dix chants. Membre de l'Académie des « Endormis » de Gênes, il y lut plusieurs Discours et des Oraisons. Il ne faut pas non plus oublier les Sermons, écrits dans les dernieres années de son existence, et la Vie. ? « Le seul réellement pindarique. Il fut hardi, ardent, véhément. C'est pourquoi il est parfois très noble par le sentiment comme par les mots; mais, finalement, très peu de ses pièces satisfont complètement. » Leopardi. ? « Le premier, Chaibrera fit remonter la poésie lyrique à ses sources. » Foscolo. ? « Il n'eut jamais ce grand tempérament lyrique que Leopardi lui prêtait... Tout ce fatras de vers montre chez lui une technique de grande classe, un talent rompu à toutes les formes de virtuosité, mais non le poète lyrique qui est touché, pénétré, imprégné, presque malade de son sujet. » Carducci.