CHASSIGNET Jean-Baptiste
CHASSIGNET Jean-Baptiste
Vers 1570-1635 Poète, né à Besançon. Un des plus surprenants, et des plus méconnus aussi, parmi les poètes de la Renaissance à son déclin (période dite parfois baroque) avec Du Bartas, dont il possède le goût immodéré pour les entassements d’images ; et Sponde, dont il partage l’attirance pour la mort. Docteur de l’université de Dole, il n’a que vingt et quelques années lorsque paraît son Mépris de la vie (1594), suite de quatre cent quarante-quatre sonnets sur un même thème funèbre. Tantôt sa méditation tend à lui faire souhaiter la mort, conçue comme une libération et un soulagement (et il nous la fait souhaiter aussi) ; tantôt il la redoute et nous la fait redouter. Dans l’un et l’autre cas, son but semble être d’édifier le lecteur. Ou, peut-être, de se faire peur à lui-même. Ou encore de créer quelque accoutumance - soit pour nous, soit pour lui seul - au moyen de ces doses de plus en plus fortes d’horreur. C’est ainsi qu’un certain jour il se montre à nous frappé par la foudre ; ou, un peu plus tard, le cou tranché par la cognée du bourreau. On jurerait parfois qu’il s’y complaît ; en particulier lorsqu’il passe de la simple méditation sur l’au-delà de la vie à la description du dernier stade de l’en deçà : Décharné, dénervé, où les os découverts, / Dépulpés, dénoués, délaissent leur jointure. Et encore : Les yeux d’autre côté détournés à l’envers / Se distillent en glaire... Hors cette idée unique, rien ne saurait retenir l’attention de cet homme terrible qui s’installe à vingt ans dans la sérénité définitive et se tourne du côté du mur. 11 est clair que l’esprit conquérant de l’humanisme lui fait horreur (ô, imbécillité de l’esprit curieux...); et il mourra vierge à soixante-cinq ans. Ses autres œuvres sont loin de présenter le même intérêt. Sur le plan proprement formel, Chassignet est un chercheur, un maître ouvrier, un virtuose : il construit, par exemple, un sonnet entier sur la même rime mais en la présentant tour à tour féminine et masculine :
Retourne le miroir vers la voûte azurée Le ciel incontinent y sera figuré.
Ou bien, il ne place d’un bout à l’autre, à la rime, avec une insistance inexorable, obsédante, que les deux mêmes mots alternés : vie et mort.
Liens utiles
- Jean-Baptiste CHASSIGNET (1571-1635), Mespris de la vie et consolation contre la mort, sonnet XCVIII « Qu'est-ce de votre vie ? une bouteille molle ».
- Titre de l’œuvre Dom Juan Auteur Molière / Jean-Baptiste Pocquelin Editeur Flammarion Collection GF Date d’édition 1682 Nombre de page 222
- Arthur Geillon 2nd1 Introduction du commentaire sur les scènes 6 et 7 des Précieuses Ridicules de Molière Les Précieuses Ridicules est une œuvre de Jean-Baptiste Poquelin, dit Molière.
- Gachet, Paul Guillaumin, Jean Baptiste Armand Pissarro, Camille Vollard, Ambroise
- Augereau, Pierre Championnet, Jean-Etienne Kléber, Jean-Baptiste Montholon, Charles Tristan de Mouton-Duvernet, Régis Barthélemy de