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Charles-Albert (Turin 1798-Porto 1849) ; roi de Sardaigne [1831-1849].

Charles-Albert (Turin 1798-Porto 1849) ; roi de Sardaigne [1831-1849]. Né le 2 octobre 1798 à Turin, C. descend du prince Thomas de Carignan, qui est à l'origine d'une branche cadette de la maison de Savoie. Sa vie et son règne sont caractérisés par une série d'actions contradictoires, qui résultent d'une incompatibilité entre ses deux intérêts principaux : garantir avec l'aide de l'Autriche ses droits personnels à l'héritage du royaume de Sardaigne, qui comprend également la Savoie et le Piémont, et soutenir les sociétés secrètes antiautrichiennes. C., qui, depuis ses études à Paris et à Genève, est porté vers les nouvelles idées libérales, entretient des relations amicales avec de nombreux conspirateurs carbonari. Lorsqu'il prend provisoirement la régence en 1821, à l'abdication de Victor- Emmanuel Ier, il donne au pays, sous la pression d'une insurrection en Piémont, une Constitution d'après le modèle des Cortès espagnols de 1812. Mais peu après, sous la pression autrichienne, il se plie à la volonté de son oncle, le nouveau roi Charles-Felix, et permet que les troupes autrichiennes répriment le soulèvement. Afin de s'assurer à l'avenir les sympathies de l'Empereur, il participe en 1823 en tant que volontaire à l'écrasement du mouvement libéral en Espagne, et conclut, aussitôt après son accession au trône de Sardaigne (1831), permise par l'extinction de la branche aînée de la maison de Savoie, une alliance avec l'Autriche. Il fait cependant savoir en secret aux patriotes italiens qu'il continue à être bien disposé à leur égard, mais il sévit de nouveau de manière imprévue et cruelle : il fait exécuter de nombreuses sentences de mort. Mazzini et Garibaldi n'y échappent que par la fuite, tandis que Gioberti et beaucoup d'autres sont expulsés du pays. En 1842 - tardivement -, lorsqu'il se sépare de ses conseillers réactionnaires, intervient le tournant décisif. Il charge des hommes aux tendances libérales de la réorganisation de l'enseignement et permet un développement plus libre de la vie politique au Piémont. Ainsi apparaît la Société agricole, et en 1844 l'Antologia italiana, à laquelle collaborent entre autres Cesare Balbo, d'Azeglio et Gioberti. En 1847, la revue II Risorgi-mento est fondée par Balbo et Cavour. Se joignant à l'enthousiasme général provoqué par les premières mesures libérales de Pie IX, C. salue l'idée d'une ligue italienne commandée par le pape, dans laquelle le Piémont serait l'« épée de l'Italie ». Par la Constitution de 1848, qui partage le pouvoir entre le souverain et deux chambres, il s'allie définitivement avec la bourgeoisie libérale et, après l'insurrection de Milan, se met à la tête des révoltés. Confiant dans sa propre force (Italia fara da se), il ignore la proposition d'aide française et déclare la guerre à l'Autriche. Après la défaite de Novare (23 mars 1849), C. abdique en faveur de son fils Victor-Emmanuel II. Cela signifie certes un échec personnel, mais quelques années après sa mort (28 juill. 1849 à Porto, au Portugal), il paraît clair que sa politique avait créé les conditions pour que la dynastie de Savoie prenne victorieusement la tête du mouvement qui devait réaliser l'unité italienne.



CHARLES-ALBERT (Turin, 1798-Porto, Portugal, 1849). Roi de Sardaigne (1831-1849). Réputé libéral, il fut l'espoir des patriotes italiens du Risorgimento. Il succéda sur le trône du Piémont à son cousin Victor-Emmanuel Ier. Entraîné par le mouvement libéral de la révolution de 1848, il établit une monarchie constitutionnelle et prit la tête du mouvement anti-autrichien en Italie. Mais, vaincu, il abdiqua en faveur de son fils Victor-Emmanuel II. Voir Révolutions de 1848.

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