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CHALKOKONDYLAS Laonikos

CHALKOKONDYLAS Laonikos. Historien byzantin. Né vers 1430 à Athènes, d'où sa famille, à la suite de différends avec les seigneurs florentins du lieu, se serait éloignée pour se rendre en Italie; mort probablement en Italie, vers 1480. En 1447, il se trouvait à Mistra; Ciriaco di Philippo Pizzi-colli, d'Ancône, avec lequel il se rendit à Sparte pour visiter les ruines, dit l'y avoir rencontré. Ciriaco loue sa connaissance de la littérature grecque et latine. Lejeune homme, qui avait changé son nom de baptême de Nikolaos en Laonikos qu'il tenait pour plus singulier, fut, à Mistra, le disciple de Gémisthe Pléthon. Outre le grec et le latin, il parvint à apprendre le turc. En effet, le despote de Morée l'avait, à deux reprises, envoyé comme ambassadeur auprès du sultan Mourad II. Et à deux reprises, le sultan le considéra comme son prisonnier et le garda en qualité de secrétaire de langue grecque. C'est ainsi qu'il aurait assisté dans le camp de Mourad à la bataille de Varna (1444). La documentation que l'on possède sur sa vie devient alors incertaine, mais selon la plupart, il se serait réfugié en Italie après la chute de Constantinople. Descendant d'une famille athénienne noble, et doté de connaissances particulièrement vastes dans le domaine de la littérature grecque et latine, Laonikos infusa à la tradition byzantine un sang nouveau. C'est le point de vue d'un historien qu'il expose quand il aborde la question de l'asservissement du monde grec aux Turcs. Dans les dix volumes dont se compose l'Histoire de la décadence de l'Empire grec , les événements, depuis 1298 jusqu'en 1463, sont narrés de sorte que l'auteur met en cause ce qui se passait non seulement en Anatolie et dans les pays balkaniques, mais encore en Europe occidentale. Les proportions du tableau et l'ampleur des vues exposées sont telles qu'on s'est plu à reconnaître en Laonikos l'Herodote des temps modernes, tout au moins en ce qui concerne le plan général de l'oeuvre et le nombre des digressions. S'étant libéré des préjugés, qui faisaient de Byzance le centre du monde, Laonikos voit les nouvelles réalités politiques avec des yeux neufs et attentifs et, loin de songer à d'impossibles retours en arrière, il entrevoit, de façon logique, avec une grande lucidité, la naissance future d'un état national grec. Si Procope, au seuil du Moyen Age, est le premier des historiens byzantins, Laonikos tourne le dos au passé et devient par là le premier historien de la Grèce moderne. L'Histoire de la décadence de l'Empire grec fut traduite en français par Blaise de Vigenère (1620) et continuée par Mézeray.