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CATHERINE

ANGLETERRE CATHERINE DE VALOIS (* Paris, 27.X.1401, † abbaye de Bermondsey, 3.I.1437). Reine d'Angleterre. Fille de Charles VI et d'Isabeau de Bavière, elle fut mariée en juin 1420 à Henri V d'Angleterre, en exécution d'une clause du traité de Troyes ; ainsi le roi anglais était-il assuré de l'héritage de la couronne de France (mais il mourut avant Charles VI). Mère du futur Henri VI, elle devint veuve en 1422. Peu après, elle épousa secrètement Owen Tudor, gentilhomme gallois, que le duc de Gloucester devait faire assassiner quelques années plus tard. De ce second mariage sortit la future dynastie des Tudors. CATHERINE D'ARAGON (* Alcala de Henares, 16.XII.1485, † Kimbolton Castle, 7.I.1536). Reine d'Angleterre. Elle était la fille de Ferdinand d'Aragon et d'Isabelle de Castille et fut mariée le 14 nov. 1501 au prince de Galles, Arthur, fils aîné d'Henri VII d'Angleterre. Veuve sans que le mariage ait été consommé, elle se maria en juin 1509 avec Henri, frère de son premier époux, et roi sous le nom d'Henri VIII. Entre 1510 et 1518, elle eut cinq enfants dont un seul survécut, Marie. En 1527, Henri VIII demanda au pape la dissolution de son mariage pour épouser Anne Boleyn. Malgré l'opposition de Rome, l'archevêque de Canterbury annula le mariage et Catherine fut répudiée le 23 mai 1533. Elle dut se retirer au château de Kimbolton. FRANCE CATHERINE DE MÉDICIS (* Florence, 13.IV.1519, † Blois, 5.I.1589). Reine de France. Fille de Laurent II de Médicis, duc d'Urbino, et de Madeleine de La Tour d'Auvergne, elle fut mariée en 1533 au duc d'Orléans, roi de France en 1547 sous le nom d'Henri II. Son mari vivant, elle fut complètement éclipsée par la favorite, Diane de Poitiers, mais, après la mort de son époux (1559) et celle de son fils aîné, François II (1560), elle devint régente du royaume pour son deuxième fils, Charles IX, qu'elle domina, même lorsqu'il fut devenu majeur. Gouvernant « à l'italienne », mais soucieuse de l'intérêt de l'État et de la monarchie, elle pensa à raffermir le trône en excitant les uns contre les autres les Guises catholiques contre les princes protestants de la maison de Bourbon. Dès 1560, elle prit pour chancelier le sage Michel de L'Hospital. Dépourvue elle-même de tout fanatisme religieux, elle favorisa le colloque de Poissy pour rapprocher catholiques et protestants (1561), accorda aux huguenots l'édit de tolérance de janv. 1562 et la paix d'Amboise (1563). Quand la guerre reprit, en 1567, elle se trouva malgré elle dans le camp des catholiques, mais entendait maintenir le trône au-dessus des factions. En 1570, elle traita avec les protestants (paix de Saint-Germain), prépara le mariage d'Henri de Bourbon (futur Henri IV) et de Marguerite de Valois, mais s'inquiéta de l'influence prise par Coligny sur Charles IX. Elle laissa faire plutôt qu'elle n'inspira la Saint-Barthélemy (24 août 1572). Son influence diminua considérablement sous le règne d'Henri III. RUSSIE CATHERINE Ire (* en Livonie, 1684, † Saint-Pétersbourg, 17.V.1727). Impératrice de Russie (1725/27). Paysanne d'origine polonaise emmenée en captivité en Russie après la prise de Marienburg (1702), elle devint la maîtresse du prince Menchikov, puis du tsar Pierre le Grand, qui l'épousa en secret en 1707. Elle eut un rôle déterminant dans l'orientation de la guerre contre les Turcs en 1711. Couronnée impératrice en 1724, elle succéda l'année suivante à Pierre le Grand, dont elle continua l'œuvre de réformes tout en laissant cependant beaucoup d'influence à son favori Menchikov.

CATHERINE II la Grande (* Stettin, 2.V.1729, † Saint-Pétersbourg, 17.XI.1796). Impératrice de Russie (1762/96). Princesse allemande (fille de Christian Auguste d'Anhalt-Zerbst) choisie par l'impératrice Élisabeth, fille de Pierre le Grand, comme épouse de son neveu et héritier, le grand-duc Pierre. Elle voulut être une vraie Russe, apprit la langue, l'histoire, les coutumes de ses futurs sujets. Son mari, monté sur le trône sous le nom de Pierre III, exaspérait les Russes par sa germanophilie. Catherine regroupa autour d'elle les mécontents du parti russe à l'armée et à la cour. En juill. 1762, les frères Orlov, ses amants, soulevèrent la garde, obligeant Pierre à abdiquer ; Catherine annonça qu'elle prenait le pouvoir « pour la défense de la foi orthodoxe et la gloire de la Russie ». Pierre mourut, assassiné sans doute par les Orlov. Son règne de trente-cinq ans fut une des grandes périodes de l'histoire russe. Catherine se posait volontiers en libérale ; elle était en relation avec les philosophes des Lumières, notamment Diderot. À l'instar de Frédéric le Grand et de Joseph II, elle voulut régner en « despote éclairé ». Elle ouvrit des écoles, créa la première institution de jeunes filles de la Russie, protégea les sciences, appela dans son empire des artistes étrangers. Elle-même fut une femme de lettres. Elle convoqua en 1775 une grande commission de codification du droit composée de représentants des diverses couches de la population libre. Mais rien n'en sortit. L'occidentalisation de la Russie n'était qu'une apparence. Dans la réalité, Catherine ne fit qu'aggraver l'oppression de la paysannerie au profit de la noblesse, renforça et étendit le servage. Elle consolida également la puissance de l'État russe, aux dépens de la Pologne et de l'Empire turc. En s'éteignant, la « Grande Catherine » laissait une Russie certes plus forte, mais plus despotique que jamais. Voir RUSSIE. Le despotisme éclairé de Catherine II.


Catherine de Médicis (Florence 1519-Blois 1589) ; reine de France.

Les romantiques l’ont noircie : ils en ont fait une héroïne satanique. Les historiens l’ont en grande partie réhabilitée : la survie de la France pendant les terribles guerres de religion, qui commencent dans les années 1560, est due pour bonne part à son habileté. La tâche était rude, la nation divisée en deux (parfois trois) factions rivales, les protestants, les catholiques et les politiques. Pourtant elle maintient le cap et préserve l’unité. Fille de Laurent II de Médicis, duc d’Urbin et de Madeleine de la Tour d’Auvergne, C. est mariée à quatorze ans (1533) avec le futur Henri IL Elle joue un rôle effacé pendant le gouvernement de son époux, qui est dominé par Diane de Poitiers. Sous le court règne de son fils François II, roi éphémère [1559-1560] s’il en fut, le duc François de Guise et le cardinal Charles de Lorraine, oncles de Marie Stuart, l’épouse du souverain, sont tout-puissants. L’arrivée au pouvoir, encore enfant, de son deuxième fils Charles IX marque son entrée en scène : elle est nommée par le Conseil privé gouvernante de France. Son sceau personnel porte avec orgueil les titres qu’elle affectionne : « Par la grâce de Dieu, Reyne de France, Mère du Roy.» Son caractère complexe mêle le pire au meilleur et comporte de multiples facettes. Elle suscite beaucoup de fidélités parmi les politiques comme René de Birague, Hurault de Cheverny, Pomponne de Bellièvre et le clan des Italiens, financiers ou guerriers, parents ou non, comme les Strozzi, les Zamet, les Gondi, les Sardini, les Adjacet, qui l’aident à financer sa politique. Mais elle a encore plus d’ennemis : vilipendée par les protestants, qui lui reprochent son machiavélisme (pourtant bien dans l’esprit du temps), elle est reniée par les catholiques qui ne comprennent pas sa recherche de l’équilibre, son louvoiement entre les factions, et une duplicité apprise lors d’une enfance vécue au milieu des périls. Certes elle a peu de scrupules, mais elle étouffe de superstitions, qui parfois la retiennent, et possède un goût immodéré pour les prédictions. Elle pratique aussi, malgré ses sincères et profondes convictions catholiques, une tolérance qui fait scandale dans une époque de fanatisme religieux. A vrai dire, elle aime les jeux de bascule et les virevoltes : elle se rapproche de Philippe II d’Espagne, lui donne en mariage sa fille Élisabeth, puis lui tourne le dos et refuse de souscrire à sa politique de Contre-Réforme. Elle est toujours persuadée que ses séductions empêcheront guerres civiles et extérieures. Elle est énergique, courageuse au feu, comme elle le montre au siège de Rouen en 1562 et en Limousin en 1569. Infatigable, elle parcourt le royaume, suscite les ralliements, et exprime à tout moment ses deux passions dominantes : l’amour maternel et l’amour du pouvoir. Dans un domaine - un seul - elle fait l’unanimité : le mécénat. Elle incarne avec goût et majesté la Renaissance florentine. Elle accentue les fastes de la cour, s’entoure d’érudits, d’artistes comme le Primatice, Philibert Delorme ou Germain Pilon. Elle goûte aussi bien la poésie de Pétrarque et de Ronsard que le réalisme de Boccace, Rabelais et l’Aretin. Elle construit et embellit ses châteaux : Montceaux (près de Meaux), Saint-Maur, Chenonceaux, et à Paris principalement les Tuileries. Dès son accès au pouvoir, elle est confrontée au conflit, quasiment ouvert, entre catholiques et protestants. Elle choisit pour chancelier Michel de l’Hôpital, Auvergnat tenace et expérimenté, avec lequel elle tente une politique de conciliation entre le parti protestant conduit par Antoine de Bourbon, Condé et l’amiral de Coligny, et les catholiques dirigés par les Guise, le connétable de Montmorency et le maréchal de Saint-André. L’essai de rapprochement échoue au colloque de Poissy (août-sept. 1561), où l’opposition des deux doctrines sur l’Eucharistie rend le dialogue impossible : le réformé T. de Bèze se montre particulièrement intransigeant. C. et son chancelier n’en accordent pas moins aux protestants une liberté de culte très étendue (édit de Janvier, 1562). Malgré le massacre de Vassy (1er mars 1562), où des protestants en réunion sont décimés par les hommes de Guise, et qui donne le signal des luttes armées, elle accorde aux réformés l’édit de  Tolérance puis la paix d’Amboise (1563). En vain. Pourtant, elle s’entête : après huit ans de guerres civiles, elle se risque de nouveau à une conciliation par l’édit de Saint-Germain (1570), qui donne aux réformés l’amnistie et quatre places de sûreté. Ils en profitent pour revenir à la cour et Coligny prend un grand ascendant sur le roi. Catherine en conçoit de la jalousie et de l’inquiétude : elle laisse préparer et exécuter le massacre de la Saint-Barthélemy (24 août 1572) au cours duquel l’amiral est assassiné et Henri de Navarre sauvé de justesse. Involontairement elle est poussée dans le clan des catholiques. Tout au long du conflit, elle tente aussi une politique de consultation des Français par les états généraux d’Orléans (1560), de Pontoise (1561), de Blois (1576-1577 et 1588-1589.). Elle multiplie également les assemblées et les colloques. Elle gouverne contre vents et marées, malgré une conjoncture économique souvent difficile, les mauvaises récoltes de 1562-1563, 1565-1566, 1573-1574, 1586-1587, la misère et les plaintes de ses sujets. Elle a néanmoins une énorme chance : les deux nations qui pouvaient gêner la France sont occupées, l’une (l’Angleterre) par la question écossaise, l’autre (l’Espagne) par la révolte des Morisques de 1568 et l’agitation de la Flandre. Sous Henri III, son fils bien-aimé, qui prend le pouvoir en 1574, son influence commence à décliner. Inépuisable épisto-lière, elle a laissé plus de 6 000 lettres. Au total, sans son habileté, le royaume de France n’aurait pas survécu aux querelles fratricides et religieuses.

Bibliographie : Y. Cloulas, Catherine de Médicis, 1979.


Catherine II (Stettin 1729-Saint-Pétersbourg 1796) ; impératrice de Russie [1762-1796].

La princesse Sophie-Frédérique, fille de Christian-Auguste d’Anhalt-Zerbst, qui fut général de l’armée prussienne, est née en 1729 à Stettin. Fiancée à son cousin, l’héritier du trône et futur tsar Pierre III, elle arrive à Saint-Pétersbourg en 1743. Négligée avant et après son mariage (1745) par son époux, homme brutal, arrogant et dénué de tout sens politique qu’elle vient très vite à mépriser, elle sait remarquablement mettre à profit ses loisirs pour s’imprégner des idées des Lumières. En insistant sur son appartenance à la religion orthodoxe à laquelle elle vient de se convertir, et en sachant ménager la susceptibilité nationale des Russes, elle réussit à se démarquer de manière positive de Pierre III, jugé trop germanophile. (Allemand lui-même, c’est un grand admirateur de Frédéric II) Ce comportement habile lui facilite l’accès au pouvoir, pouvoir dont elle s’empare grâce à un coup d’Etat mené avec beaucoup de détermination, et avec l’aide de quelques régiments de la garde soulevés par son amant, Grigori Orlov. Même si C. agit beaucoup sous l’empire de ses passions -l’amour de la gloire, une envie excessive de plaire, une sexualité débridée (on ne compte plus le nombre de ses amants) et une ambition sans scrupules - elle sait faire preuve par ailleurs d’une grande agilité d’esprit, d’un tempérament ouvert et prompt à l’action. Très autoritaire, elle garde toujours personnellement la direction des affaires, sans se laisser dominer par ses favoris successifs. Manifestant un doigté politique remarquable, elle a incontestablement l’art de plaire, en sorte qu’elle réussit à devenir populaire et à trouver, bien au-delà des frontières de Russie, l’admiration qu’elle recherche, chez des esprits aussi importants que Voltaire, Diderot, d’Alembert, Grimm, etc., avec lesquels elle correspond. Son adhésion aux idées des Lumières va certainement au-delà d’une simple manœuvre destinée à faire habilement illusion, mais ce n’est pas un programme concernant la réalité politique quotidienne, c’est une construction abstraite et rationaliste. On le voit bien dans son Instruction pour la commission chargée de la rédaction d’un nouveau code de lois (le Nakaz) de 1766, qui n’est rien d’autre qu’une compilation réalisée à partir des œuvres de Montesquieu, Pufendorf, Grotius et Beccaria entre autres. Cette commission, beaucoup trop lourde, qui siège de 1767 à 1768, est dissoute au bout de deux ans de travail inutile. Dans sa pratique politique, C., qui incarne un pouvoir ayant très peu d’assise légitime, cherche à s’appuyer sur des couches plus larges de la société, et devient ainsi l’otage des intérêts aristocratiques. Le servage, qu’elle renforce notablement (en 1765, un oukase autorise les nobles à déporter leurs paysans vers les bagnes sibériens ; en 1783, le servage est institué en Ukraine ; les seigneurs reçoivent le droit de vendre leurs serfs comme du bétail, et ceux-ci ne peuvent plus se plaindre directement auprès du souverain), ressemble de plus en plus à un esclavage. Sa Lettre de Grâce à la noblesse (1785), une charte qui définit les privilèges sociaux de cette dernière, tout en supprimant le service obligatoire imposé par Pierre le Grand, transforme définitivement la noblesse en une caste de parasites, dont l’existence n’est nullement légitimée par l’obligation d’accomplir des tâches à l’intérieur de l'État. Les nobles constituent, dans chaque province, des assemblées de la noblesse présidées par un maréchal de la noblesse, et renforcent leur prédominance au sein des administrations locales. Les tensions sociales croissantes, ajoutées aux tensions que provoque l’extension territoriale de F Empire, sont la cause de nombreux soulèvements, en particulier de la grande révolte populaire liée au nom de Pougatchev (1773-1775). En dépit de cela, C. est considérée à juste titre comme une incarnation typique du despotisme éclairé : sa volonté de mettre la raison au service de l’Etat et du pouvoir est à l’origine de nombreuses mesures, comme la sécularisation des biens d’Église (1764), la réforme du Sénat (1763) et la réorganisation des gouvernements (1764), passés de huit à cinquante, avec à leur tête un lieutenant impérial assisté de quatre Chambres spécialisées, ainsi que l’abolition résolue des particularismes locaux. Femme de lettres elle-même, auteur de pièces de théâtre et d’ouvrages d’histoire, C. poursuit l’européanisation de la Russie, encourageant en particulier l’introduction de la langue française dans les couches supérieures de la société, et favorisant la pénétration des courants artistiques et littéraires venus d’Europe occidentale, qui se mêlent à des éléments typiquement russes pour donner naissance au classicisme russe. Elle fonde de nombreuses écoles, qui profitent bien sûr d’abord à la noblesse, comme le fameux institut Smolny, créé sur le modèle du Saint-Cyr de Mme de Maintenon, la première institution de jeunes filles qu’ait connue la Russie. En matière religieuse, C. se montre tolérante : les dissidents de l’Eglise orthodoxe ne sont plus persécutés, les jésuites chassés des pays catholiques sont accueillis avec bienveillance, les musulmans des contrées conquises sur les Turcs peuvent garder leurs mosquées. Néanmoins, la liberté d’esprit et de critique dont C. se réclame si souvent a en fait ses limites bien précises : là où l’ordre social et politique, en d’autres termes les intérêts de l’autocratie et de la noblesse semblent un tant soit peu menacés, il n’est plus question de tolérance, comme le montre clairement l’exemple de Raditchev, banni pour avoir osé critiquer le régime. La politique extérieure de C., d’abord confiée aux mains du ministre Panine, plus tard de Bezborodko et, pour une part, de son favori Potemkine, est d’abord une politique qui vise à accroître la puissance et les intérêts de la Russie, même si elle se pare souvent d’un habillement idéologique. Prenant la suite de Pierre le Grand, qui a réussi à annexer une large partie du littoral de la mer Baltique, C. obtient, avec l’annexion de la Crimée (1783) et au moyen de deux guerres contre la Turquie, avec qui elle signe les traités de Kütchük-Kaïnardji (1774) et de lassy (1792), les côtes de la mer d’Azov et de la mer Noire jusqu’au Dniestr. Ces acquisitions transforment en problème aigu la « question orientale ». L’illusoire « projet grec » de C., qui rêve de reconstituer au profit de son petit-fils l’Empire d’Orient, devait constituer pendant près d’un siècle et demi un élément important de la politique européenne. Grâce aux partages de la Pologne (1772, 1793 et 1795), dont C. est largement l’instigatrice, la Russie repousse très loin ses frontières, jusqu’au seuil de l’Europe centrale, annexant la totalité de la Russie blanche et de l’Ukraine, ainsi que la Podolie, la Volhynie, la plus grande partie de la Lituanie et la Courlande, et devient le voisin immédiat de la Prusse et de l’Autriche. En offrant son arbitrage pour la convention de Teschen (1779), C. se fait même la garante du maintien de la structure traditionnelle de l’Empire allemand. Même si bien des apparences sont, dans la Russie de C., aussi trompeuses que les fameux villages de Potemkine, il ne faut toutefois pas sous-estimer l’énorme accroissement, tant de la puissance réelle de l’Empire russe que de la considération dont celui-ci jouit en Europe : la Russie devient alors une des grandes puissances de l’Europe.

Bibliographie : H. Troyat, Catherine la Grande, 1977 ; O. Wormser, Catherine II, 1962.

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