Databac

CATALOGNE

Cataluña, cat. Catalunya. Région du nord-est de l'Espagne, comprenant les quatre provinces actuelles de Gérone, Barcelone, Lerida et Tarragone. Les côtes catalanes furent visitées par les marins grecs, qui y fondèrent l'important comptoir d'Emporion. Conquise au IIIe s. par les Carthaginois (le nom de Barcelone garde le souvenir de la grande famille punique des Barca), elle passa aux mains des Romains vers 210 av. J.-C., fit partie de l'Hispania Citerior, puis de l'Hispania Tarraconensis. Au début du Ve s. de notre ère, elle fut occupée par les Wisigoths, qui lui laissèrent leur nom (Gothalonia). Les Arabes s'en emparèrent vers 720, mais Charlemagne prit Gérone (785), puis Barcelone (801), et fit de la Catalogne une marche de l'Empire franc. La décadence des Carolingiens permit aux maîtres des différents comtés catalans (Barcelone, Urgell, Cerdagne, Besalù, Vic...) de se rendre indépendants (fin Xe s.). Ils résistèrent avec acharnement à la poussée des Maures. Maître de toute la région du bas Èbre, Raymond Bérenger III (1096/1131) épousa, en 1112, Douce, héritière de Provence, qui, l'année suivante, fit remise de ses droits à son mari. Les comtes catalans de la maison de Barcelone régnèrent donc sur la Provence de 1113 à 1245. Raymond Bérenger IV (1131/62) réunit la Catalogne et l'Aragon par son mariage avec Pétronille d'Aragon (1137). Aux XIIIe et XIVe s., la Catalogne devint la première puissance de la Méditerranée occidentale ; elle étendit sa domination sur les Baléares (1229/30), le royaume de Valence (1238), la Sicile (1282) et la Sardaigne (1321). Les Catalans, qui conservaient dans le royaume d'Aragon leur personnalité propre, sont intervenus dans tout le Bassin méditerranéen, fondant des comptoirs au Levant et, aux XIVe/XVe s., enlevant à l'Empire byzantin le duché d'Athènes. Cependant, la Provence, à la suite d'un mariage, passa en 1246 à la maison d'Anjou. Un siècle et demi d'union entre les deux pays n'en laissa pas moins des traces profondes : à l'apogée de la civilisation d'oc, la Catalogne et la Provence unies avaient connu le même épanouissement littéraire et spirituel ; le comte de Barcelone, Pierre II (1196/1213), avait combattu aux côtés des albigeois et des gens du Midi contre les barons pillards du Nord. En 1410, la mort de Martin Ier le Vieux fut suivie de l'élection de Ferdinand Ier, comte de Castille. La Catalogne se souleva mais fut soumise en 1472. Dans l'Espagne unifiée du XVIe s., qui se détournait de la Méditerranée pour se lancer dans les grandes aventures coloniales, la Catalogne ne fut plus qu'une province déchue, mais restée farouchement attachée à ses traditions particulières. À la fin du XVIIe s. et durant la guerre de la Succession d'Espagne, elle accueillit volontiers les troupes françaises, mais la politique centralisatrice des Bourbons de Madrid lui enleva ses derniers privilèges (1714). Cependant, le « catalanisme » survécut comme l'attesta la renaissance littéraire des années 1835/60, avec des poètes tels que Verdaguer, et des historiens tels que Bofarull, Mila Fontanals et Balaguer. Le catalanisme, après s'être exprimé en des sympathies carlistes, devint un des problèmes majeurs de la politique espagnole à la fin du XIXe s. Une volonté d'autonomie politique s'affirma et le parti catalan, la Lliga regionalista, remporta une grande victoire électorale en 1901. Mais ce mouvement fut compromis par le soutien qu'il apporta à la politique de Primo de Rivera, et c'est un nouveau mouvement catalan de gauche, l'Esquerra republicana, conduit par Maciá, qui, après une victoire aux élections municipales d'avr. 1931, proclama la « République catalane » (14 avr. 1931). En 1932, les Cortés durent accorder à la Catalogne un statut d'autonomie. Durant la guerre civile, le gouvernement catalan lutta énergiquement contre le franquisme et tenta de réaliser une révolution régionaliste. La Catalogne fut soumise par les armées républicaines, puis Barcelone fut prise par les nationalistes le 26 janv. 1939. Le gouvernement de Franco freina l'autonomisme catalan, mais la Catalogne et surtout Barcelone sont restés de vifs foyers d'opposition à la politique centralisatrice madrilène. 0002000001440000104F 13E,Le retour de la démocratie a favorisé ces aspirations. Un référendum a adopté en 1979 le statut régional de Generalidad. Au cours des années 1980, la Catalogne s'est affirmée sur la scène européenne sous le gouvernement de Jordi Pujol ainsi que l'a exprimé le choix de Barcelone comme site des jeux Olympiques de 1992.

Liens utiles