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CASTANAKIS Thrasso

CASTANAKIS Thrasso. Romancier grec. Né en 1898 à Constantinople, mort en 1967 à Paris. Grec de l'Exterieur puisque, grandi en Asie Mineure, il vint en France après la Deuxième Guerre mondiale et vécut à Paris la majeure partie de son existence. A vingt ans, il était déjà l'auteur d'un volume de poèmes et il fréquenta de bonne heure les milieux universitaires et littéraires de la capitale en occupant le poste de lecteur de Grec moderne à la Sorbonne, où une amitié étroite l'unissait à Psichari. Comme beaucoup des « écrivains de 1930 », mais bien en avance sur eux, il pensait que le temps était venu de briser la forme des courtes nouvelles essentiellement descriptives, dans laquelle se cantonnait la littérature grecque, pour adopter le modèle du roman. C'est dans ce but qu'il publia son premier livre Les Princes [1924], tentative réussie d'un récit soutenu laissant une grande place à l'analyse intérieure — et qui fut couronnée la même année du prix du meilleur roman hellénique (prix Zikakis). C'était le premier exemple d'une littérature « cosmopolite » et, durant les vingt années à venir, Casta-nakis composa sur ce thème (la Grécité envisagée hors de la Grèce) une oeuvre riche d'une dizaine de volumes, faisant alterner romans et nouvelles. Mais alors que celles-ci, souvent pessimistes, sont des constructions autour d'un seul personnage (avec une prédilection pour les « types », tels que Yanni l'aveugle dans Tasso Tassopoulo et autres nouvelles, 1928) ses romans lui servent davantage à rebâtir une époque, l'évolution d'un monde. En utilisant l'élément passionnel comme trame de ses récits, il s'est attaché à dépeindre les milieux grecs des grandes villes, où défilent quantité de personnages, grands bourgeois ou déracines, inquiets et souvent émouvants. Il en va ainsi de La Race des hommes (1932) dont toute l'action se déroule à Constantinople, ou de Paris de la nuit et de l'amour [1929]. Après la guerre, Castanakis cessa brusquement toute activité littéraire pour s'installer dans une retraite qu'il ne rompit que dix ans plus tard, avec Les Chiens dans la nuit (1956), roman historique dans lequel il se penche à nouveau sur sa ville natale.

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