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CASAMANCE

CASAMANCE Région du Sénégal isolée par l’enclave de la Gambie, la Casamance (28 350 km2), traversée par le petit fleuve du même nom, est couverte par la forêt humide dans sa partie occidentale. De petits peuples, comme les Diola, chasseurs et pêcheurs, y cultivent le riz local et des palmiers à huile. Différente du reste du Sénégal, situé en zone tropicale sèche tendant à l’aridité et peuplé d’une majorité de musulmans, la Casamance abrite des populations pratiquant le christianisme et la religion traditionnelle. Séparées de leurs frères de Guinée-Bissau par une frontière perméable traversant la forêt, elles ont été solidaires de leur combat contre le colonisateur portugais jusqu’à son départ en 1975. L'opposition des agriculteurs locaux à l’installation sur les sols fragiles d’immigrants wolof, venus du reste du Sénégal pour cultiver l’arachide, a fait renaître d’anciennes tendances sécessionnistes. Elles s’expriment à travers le Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC) créé en 1947 et dirigé par l’abbé Augustin Diamacoune. Le projet politique du MFDC est de regrouper, au sein d’une « fédération du Gabou » (nom d’un empire du xviiie siècle), la Gambie, la Casamance et la Guinée-Bissau. En 1982, une marche pacifique de plusieurs milliers de manifestants réclamant une égalité d’investissements avec les autres régions est violemment réprimée. Arc-boutées sur un centralisme intransigeant, les autorités de Dakar ont engagé des négociations en traînant les pieds, tablant sur les divergences (réelles) entre séparatistes. Cette guerre larvée, qui a fait des milliers de morts, a poussé Dakar à intervenir en Guinée-Bissau dans le conflit qui a abouti à l’éviction du président João Bernardo Vieira (1939-) en mai 1999.

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