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CAROSSA Hans

CAROSSA Hans. Ecrivain allemand. Né le 15 décembre 1878 à Bad Tôlz (Bavière), mort le 12 septembre 1956 à Rittsteig (près de Passau). Fils d'un médecin d'origine italienne, H. Carossa choisit d'exercer lui aussi la médecine. Il fait ses études à Munich, Würzburg et Leipzig et s'intalle ensuite successivement à Passau, Nuremberg et Munich. Il se consacre entièrement au métier d'écrivain à partir de 1929. Sous le Troisième Reich, II. Carossa connaît la situation délicate, pour ne pas dire ambiguë, de « l'émigration intérieure » : s'il refuse par exemple, en 1933, de faire partie de L'Académie littéraire de Prusse, il devient néanmoins « malgré lui », en 1941, Président de l'Association européenne des écrivains, organisme d'obédience nazie. Preuve, aux yeux de certains, que l'apolitisme, « le retour sur soi » était une attitude insoutenable sous la dictature hitlérienne. Hans Carossa, écrivain de l'entre-deux-guerres, apparaît comme un des gardiens de la tradition face aux différents mouvements qui ont agité la vie culturelle de cette époque, en particulier les tumultes de l'expressionnisme. Sa manière d'écrire, sa philosophie, loin des exigences de « révolte », obéissent à un sens rigoureux de la mesure. Stifter, Goethe sont les modèles dont il se réclame. Seconde caractéristique de son oeuvre : Carossa semble incapable de faire autrement que de se raconter lui-même. L'autobiographie est le genre qu'il cultive avec prédilection : Une enfance (1922), Métamorphoses d'une jeunesse (1928), Guider et conduire (1933), Secrets de la plénitude (1936). Même dans ses quelques romans, dont le plus célèbre demeure Le Docteur Gion [1931 ], c'est encore sa propre expérience qu'il rapporte. Fiction ou souvenirs personnels, Carossa écrit en moraliste : au nom d'une « humanité » tendre et bienveillante. Ces bons sentiments — c'est là tout le problème de Carossa — étaient peut-être dérisoires face au régime nazi.

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