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Caprivi di Caprara di Montecuccoli, Georg Léo, comte von

Caprivi di Caprara di Montecuccoli, Georg Léo, comte von (Charlottenbourg 1831-Skyren, près de Crossen-sur-l'Oder, 1899) ; homme politique allemand et chancelier [1890-1894]. Le 20 mars 1890, C. devient le successeur de Bismarck à la chancellerie du Reich, et en même temps chef du gouvernement de la Prusse. C., qui s'est acquis dans les années 1880 une grande réputation, d'abord comme chef de l'amirauté puis, à partir de juillet 1888, comme commandant en chef de l'infanterie, passe pour être le modèle du strict officier prussien. Bismarck, qui l'a parfois considéré comme son successeur et qui estime qu'il est parmi les officiers supérieurs « le meilleur cheval de l'écurie », lui montre au début une certaine bienveillance. Mais C. prouve rapidement qu'il est très inférieur sur le plan de l'habileté à Bismarck. Il omet ainsi en 1890 de prolonger le traité de réassurance avec la Russie. Influencé par la position unanime des diplomates professionnels, il pense qu'il est trop « compliqué » de concilier à la fois le traité de réassurance et l'alliance avec l'Autriche et l'Italie, afin de renforcer l'isolement de la France, et il croit pouvoir remplacer ce système menaçant par un autre qui éviterait les situations conflictuelles. Il tente de réduire le danger d'une guerre sur deux fronts en suivant ce « nouveau cours » qui recherche l'appui de l'Angleterre, ce qui se traduit par l'échange du protectorat allemand sur Zanzibar avec l'île d'Helgoland. Ce, d'autant plus, que C. éprouve un scepticisme fondamental à l'égard de toute politique coloniale. De violents tiraillements intérieurs se produisent à la suite de nouvelles mesures législatives et d'une campagne de presse orchestrée par Bismarck, qui se préoccupe avant tout des questions internationales. C'est surtout la tentative de C. de favoriser le développement industriel et de résoudre le problème socialiste par une réduction des taxes sur les céréales qui soulève la violente protestation des grands propriétaires terriens de l'est de l'Elbe. Ceux-ci se regroupent en 1893 dans une « Ligue des agriculteurs » qui devient à l'intérieur du parti conservateur un bastion de l'opposition. La politique commerciale de C. est qualifiée de « libéraliste », mais d'un autre côté il adopte une position jugée réactionnaire et trop conciliante envers Rome par les libéraux sur le projet de loi du ministre prussien des Cultes concernant les écoles confessionnelles. Le retrait du projet de loi, en relation avec le départ du ministre des Cultes en janvier 1892, le détermine à abandonner la fonction de ministre-président de Prusse. L'attitude de C. à l'égard de Guillaume II reste toute sa vie marquée par un dévouement absolu à la dignité impériale. C'est sous cet aspect qu'il faut aussi considérer la fameuse lettre à l'ambassadeur à Vienne de juin 1892, qui interdit à ce dernier de se rendre au mariage d'Herbert von Bismarck, ce qui constitue le paroxysme du conflit entre le tenant du « nouveau cours » et l'ancien chancelier furieux. L'apparente réconciliation qui suit entre l'empereur et Bismarck est un désaveu pour le chancelier. Il s'ensuit pour C. une certaine « lassitude » qui ne se dissipe pas, malgré les succès remportés comme le vote obtenu après de durs combats de la loi militaire du 8 août 1893 (renforcement de l'armée de 84 000 hommes et portée de la durée du service militaire de deux à trois ans), ou comme la ratification du traité commercial avec la Russie du 9 février 1894. Ce traité est le couronnement de la principale action menée par C. dans le domaine de la politique commerciale visant à l'abaissement des tarifs douaniers - politique qu'il met en œuvre dès 1891 en concluant des traités commerciaux avec une série de pays et qui se traduit par une forte croissance du commerce et de l'industrie -et pour C. par l'attribution du titre de comte. Une rupture survient avec l'empereur au sujet des lois anti-anarchistes, car Guillaume II, déçu par l'échec de ses réformes sociales, projette une nouvelle répression, voire le cas échéant la dissolution du Parlement. Ces projets impériaux ont pour principal défenseur le successeur de C. à la tête du gouvernement de Prusse et son adversaire personnel, le comte Botho Eulenburg. C., qui appréhende bien mieux que l'empereur la question social-démocrate et qui devine les grands dangers d'une confrontation violente, ne doute plus dans ces conditions de sa prochaine éviction. Celle-ci intervient le 28 octobre 1894 après une dernière intrigue confuse.




CAPRIVI, Georg Léo, comte von (Berlin, 1831-Skyren, 1899). Général et homme politique allemand. Il succéda à Bismarck en 1890 comme chancelier d'Empire et inaugura la nouvelle orientation donnée par Guillaume II à la politique étrangère. En renforçant la Triple-Alliance, il favorisa l'entente franco-russe. Très critiqué par Bismarck et désavoué par l'empereur, il préféra démissionner en 1894 et fut remplacé par Hohenlohe.

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