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CANIZARES José de

CANIZARES José de. Auteur dramatique espagnol. Né et mort à Madrid (4 juillet 1676-4 septembre 1750). D'une intelligence précoce, il avait à peine atteint l'âge de quatorze ans que déjà il s'amusait à écrire pour le théâtre. Mais avant de s'y consacrer, il n'en dut pas moins, tout d'abord, suivre la carrière des armes (jusqu'au grade de capitaine) et, par la suite, s'employer dans la maison du duc d'Osuna. On lui doit un grand nombre d'oeuvres. Dans le domaine du drame héroïque ou historique, citons : Charles-Quint devant Tunis, Le Procès de Fernan Cortès, Le Faux Nonce du Portugal, Les Comptes du grand Capitaine et Le Pauvre Diable en Espagne. Ajoutons-y plusieurs pièces inspirées de la mythologie grecque, et qui, d'ailleurs, sont posthumes : Le Sacrifice d'Iphigénie (1923), L'Anneau de Gygès, le roi magicien de Lydie (1824), etc. Mais l'auteur devait obtenir ses plus vifs succès dans la comédie d'intrigue et surtout dans la comédie de caractère (nommé par les Espagnols la comédia de figuron). Citons à cet égard : Don Juan de Espina et surtout Maître Lucas. Ayant vécu pendant le règne de Philippe V, Canizares est le dernier représentant de l'ancien théâtre espagnol, encore qu'il accuse quelquefois l'influence de la littérature française. Habile à se servir des intrigues imaginées par ses devanciers, il sut bien les accommoder au goût du jour, tout en montrant beaucoup de verve et de naturel.

«Tout indique que, venu dans un temps plus heureux, Canizares eût prit place parmi les premiers émules de Calderôn. Mais à l'époque où il parut, le mauvais goût avait acquis un ascendant auquel les esprits les mieux doués étaient eux-mêmes hors d'état de se soustraire. Canizares n'a pu échapper à cette influence. C'est elle qui lui a dicté un grand nombre de comédies héroïques ou religieuses dans lesquelles les faits les plus absurdes et les sentiments les plus faux sont entassés avec un fracas digne de nos pires mélodrames. » Louis de Viel-Castel.

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