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CALZABIGI Ranieri de

CALZABIGI Ranieri de. Écrivain et librettiste italien. Né le 24 décembre 1714 à Livourne, mort à Naples en juillet 1795. Il se consacra très tôt aux lettres et aux sciences. Casanova rapporte qu'il le vit à Paris, avec son frère Anton Maria, en 1757. Sa rencontre avec Métastase, en 1747, est une des dates les plus importantes de sa vie. Si l'on en croit même Métastase, Calzabigi se serait trouvé en France au cours de l'année 1752, vivant d'expédients, s'attelant aux tâches les plus extravagantes, comme celle de fonder une Loterie Nationale capable de renflouer les finances publiques, Pendant ce temps, il élaborait une nouvelle poétique. Cette manière d'aventurier, féru de Plutarque, a laissé une correspondance qui témoigne d'une surprenante maturité de pensée et d'une grande austérité dans les sentiments. Le renouveau politique vers lequel s'acheminait l'Italie est commenté et exposé dans les plus belles lettres qu'écrivit Calzabigi à Alfieri — et particulièrement la Lettre au comte Vittorio Alfieri sur ses quatre premières tragédies [ 1784] — à Pepoli, à Montefani. Mais dans le domaine de la musique, son influence paraît encore plus évidente. Expulsé de France en 1761 pour « sentiments anti-français », il se rend à Vienne où il devient conseiller de la Chambre des Comptes, puis Conseiller de l'Empereur, avec un traitement de deux mille florins par an. Le comte de Durazzo le présenta à Gluck : Calzabigi et Gluck se prirent l'un pour l'autre d'une grande amitié. Ce fut alors une série de chefs-d'oeuvre : Orphée et Eurydice fut représenté à Vienne le 5 octobre 1702. Alceste date de 1766, Paris et Hélène de 1769. A ces oeuvres inspirées par la mythologie, et de tendance néo-classique, succédèrent une suite de compositions qui tiennent de la comédie et du drame pastoral : La Petite Comtesse, La Critique théâtrale appelée également L'oeuvre sérieuse [L'opera séria], Amiti et Ontario. En 1774 Calzabigi publia deux éditions de ses oeuvres, dédiées au ministre Kaunitz. Avec Elvira et Efrida il aborda le drame historique et tendit à reconstituer l'atmosphère du Moyen Age. Par ailleurs, il composa des poèmes lyriques et un poème héroï-comique, La Lulliade, satire du monde musical qu'il avait découvert à Paris. Il passa les dernières années de sa vie à Naples, tout occupé des polémiques que créaient autour de son oeuvre les critiques français, qui voulaient limiter la portée de ses innovations.

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