CALIFAT
CALIFAT
Le calife (littéralement « lieutenant ») fut le chef politique et spirituel de la communauté de l’islam après la mort du prophète Muhammad en 632. Après que le Califat cessa d’être l’unique État musulman, les califes abbassides - au pouvoir depuis 751 - continuèrent d’accorder l’investiture aux différents souverains musulmans. Il est conventionnellement admis que le dernier calife abbasside transféra ses pouvoirs au sultan ottoman Selim Ier quand celui-ci conquit l’Égypte en 1517. Toutefois, les Ottomans ne firent pas état de leurs prérogatives en tant que califes avant la perte de territoires peuplés par des musulmans au profit de puissances chrétiennes. Ce fut notamment le cas en 1774 lorsque, avec le traité de Kaynardji, la Crimée sortit de la vassalité ottomane pour entrer dans l’orbite de la Russie. Le traité mentionne les prérogatives spirituelles du sultan calife sur ses anciens sujets.
Ce n’est qu’à la fin du xixe siècle que le sultan ottoman Abdulhamid II (1876-1909) met en avant son rôle de calife pour contrebalancer un pouvoir politique évanescent par un pouvoir spirituel dans le cadre du mouvement panislamiste lancé par lui-même. Après la défaite ottomane en 1918, le dernier sultan Mehmed VI (1918-1922) cherche à mettre son titre de calife au service des Britanniques. Le mouvement national turc, en abolissant la monarchie en 1922, conserve le titre de calife à la dynastie ottomane, mais l’abolit à son tour le 3 mars 1924. Malgré les velléités de certains leaders du monde musulman, comme Cherif Hussein ibn Ali de La Mecque (1853 ?-1931) ou Fouad (1868-1936) le roi d’Égypte (1922-1936), personne ne s’est arrogé depuis le titre de calife.