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BÜCHNER Georg

BÜCHNER Georg. Écrivain et auteur dramatique allemand. Né à Goddelau (Hesse), le 17 octobre 1813, mort à Zurich, le 19 février 1837. Il fit ses études à Darmstadt, où son père, médecin de district, avait sa charge. Le choix du sujet de sa dernière dissertation scolaire, Caton d'Utique, est significatif de cette époque où les idées révolutionnaires fermentaient parmi la jeunesse. Il fit sa médecine à Strasbourg, puis étudia à l'université de Giessen où il fonda une Société des Droits de l'Homme, et lança un journal clandestin, Le Messager hessois [1834], qui, portant en exergue le mot d'ordre « paix aux chaumières, guerre aux palais », discutait les problèmes politiques et excitait les paysans à la révolte. Mais la police intervint et ce furent les perquisitions, les délations, les arrestations. Il dut fuir et retourna à Strasbourg. Tout en continuant sa médecine, se cachant de son père réactionnaire, il écrivit un drame, La Mort de Danton, où il donne libre cours à sa fougue politique. Une thèse sur le système nerveux des poissons le fit remarquer et il fut, malgré son âge, chargé de cours à la faculté de philosophie de Zurich en 1836. Il continuait à écrire; la publication d'une nouvelle, Lenz, qui paraissait dans une revue libérale de Gutzkow, fut interrompue par la censure; sa comédie Léonce et Léna , envoyée trop tard, ne put participer au concours organisé par l'éditeur Cotta et pour lequel il l'avait écrite, et son drame, Pierre l'Ârétin, fut perdu avec beaucoup d'autres manuscrits de Büchner, sa fiancée les ayant brûlés après la mort de l'auteur. Büchner avait traduit Lucrèce Borgia et Marie Tudor de Victor Hugo. Il mourut du typhus quelques mois après avoir commencé ses cours d'anatomie comparée à Zurich. Il était âgé de vingt-trois ans. Son drame Woyzeck dont il n'a laissé que des fragments annonçait déjà le théâtre naturaliste. ? « Je ne connais guère d'oeuvre dont le langage aux limites de son propre désastre, soit plus [que Lenz] nécessairement issu d'un frémissement de tout l'être au contact du néant. Le dramaturge de la Mort de Danton était littéralement possédé de ce sentiment de l'absurde dont témoigne Lenz. » A. Béguin. ? « Dépassant de loin une époque dont la plus grande hardiesse consistait à nier la réalité et à exalter le rêve, démasquant le tragique par l'humour et l'humour par le tragique, se sentant infiniment responsable et infiniment faible, Büchner nous rejoint directement par-delà une littérature qui d'abord a supprimé la réalité en la niant, et qui ensuite l'a supprimée en la copiant. A égale distance du romantisme et du naturalisme, il a donné corps à cette union indissoluble du monde visible et de l'invisible, qui est à l'origine du théâtre et reste sa seule raison d'exister. » M. Robert et A. Adamov. ? « Un tel théâtre [celui de Büchner] ne peut et ne veut rien enseigner. Il ne s'occupe ni de salut, ni de bonheur. Il est théâtre absolu : d'être homme suffit au drame. Et le rideau se baisse sur le spectacle contraignant où nos corps sont les instruments. » L. Bruder.

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