Brüning, Heinrich (Munster 1885-Nor-wich, Vermont, 1970) ; homme politique allemand.
Brüning, Heinrich (Munster 1885-Nor-wich, Vermont, 1970) ; homme politique allemand. Lorsque B. devient le 28 mars 1930 chancelier du Reich, la crise économique mondiale a déjà commencé et entraîné dans ses convulsions une Allemagne déjà fortement secouée par des difficultés intérieures. Parlementaire peu connu du public, Westphalien de confession catholique, homme de vaste culture, B. est officier du front pendant la Première Guerre mondiale. Il connaît une ascension fulgurante : en quelques années, il est successivement directeur de la fédération syndicale allemande, expert financier de premier ordre de la fraction parlementaire du centre et, enfin, chef de son parti en 1929. Hindenburg fait personnellement appel à lui. Bien qu'il rechigne à accepter cette mission, B. est chargé de former un gouvernement de coalition, certes indépendant mais minoritaire. Il a pour principale tâche de rétablir par tous les moyens les finances publiques. Il s'y attelle avec une ardeur et une ténacité inflexibles. Il mène ainsi une politique de déflation rigoureuse afin de lutter contre la crise économique qui fait des ravages grandissants et qui atteint son point culminant à l'été 1931 avec l'effondrement du système bancaire et la dévaluation de la livre. En augmentant les impôts et en réduisant les dépenses, il parvient tout au plus à éviter la banqueroute de l'Etat, mais il ne réussit ni à interrompre le cours infernal de la crise ni à empêcher la progression des partis extrémistes. Il use de la force pour imposer son programme de lutte au Parlement ; il gouverne au moyen de décrets-lois promulgués par le président du Reich et seulement tolérés par le Reichstag (article 48 de la Constitution de Weimar). B. passe dès lors sous la dépendance étroite du vieux maréchal Hindenburg. Il obtient toutefois de réels succès en politique extérieure. En octobre 1931, dans son deuxième gouvernement à peine modifié, il prend aussi en charge le ministère des Affaires étrangères, ce qui est bien vu par les autres pays européens. Il manuvre très habilement pour faire avancer la douloureuse question des réparations, de sorte que ses successeurs n'auront plus qu'à récolter les fruits de son action. Mais dans ce secteur, comme en politique intérieure où il prépare un vaste programme de création d'emplois par des commandes publiques, B. ne reste pas assez longtemps pour toucher les dividendes de sa politique. Son dernier discours en tant que chancelier reste célèbre. Prononcée le 11 mai 1932, cette allocution est un appel enflammé en faveur de la persévérance : « Il ne faut pas céder dans les cinq dernières minutes... à cent mètres du but. » Dix-neuf jours plus tard, il se voit contraint de démissionner, bien que la majorité du Parlement continue à le tolérer, parce que le maréchal Hindenburg lui a brusquement retiré sa confiance. Au printemps, B. avait pourtant uvré activement à la réélection du vieux président. Ce départ a de lourdes conséquences pour le destin de l'Allemagne. Il est vraisemblable que la pression des grands propriétaires fonciers et les intrigues orchestrées par le général von Schleicher jouèrent un rôle important dans cette affaire. Afin d'échapper à une arrestation probable, B. émigre aux Etats-Unis après la prise du pouvoir par Hitler ; c'est d'ailleurs en Amérique qu'il finit ses jours. Avec B., la République de Weimar perd l'un de ses derniers défenseurs ; la voie est désormais libre pour la dictature hitlérienne.
Liens utiles
- Ollenhauer Erich, 1901-1963, né à Magdebourg, homme politique allemand.
- Werner Jaeger1888-1961Cet helléniste allemand émigré aux États-Unis en 1936 a proposé une explication de la culturegrecque comme orientée toute entière (y compris dans sa culture politique) vers la réalisationd'un idéal d'homme.
- GAILLARD, Félix (1919-1970)Homme politique, il est député radical-socialiste.
- Au cours d'un entretien, l'écrivain allemand Heinrich Böll fit cette remarque : « ... J'ai l'impression qu'en Allemagne comme ailleurs, des jeunes gens pourtant très sérieux commencent à sous-estimer la poésie. Au point que l'on peut craindre qu'elle ne finisse dans une poubelle... Je crois que ce serait un crime non seulement esthétique, mais encore social et politique, car la poésie est aussi un extraordinaire moyen de combat ou de résistance, en même temps qu'un point d'appui incomp
- DALADIER, Edouard (18 juin 1884-10 octobre 1970) Homme politique La carrière d'Edouard Daladier commence d'une manière traditionnelle.